Les recettes fiscales en forte augmentation d’ici 2027
Les recettes fiscales continuent leur montée en puissance, consolidant ainsi leur rôle dans le financement du Trésor public. Elles devraient atteindre 423,5 milliards de dirhams (MMDH) d’ici 2027, ce qui représente une hausse significative de 15,6% sur un an. Ce constat, établi par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, fait suite à une période de croissance notable des recettes publiques, principalement grâce à l’optimisation des principaux impôts, à la mise en œuvre de réformes fiscales et à l’amélioration des mécanismes de recouvrement.
Une évolution rapide des recettes ordinaires de l’État
Entre 2021 et 2025, les recettes ordinaires de l’État ont progressé à un rythme annuel moyen de 13,1%, atteignant plus de 195 MMDH par rapport à 2020, comme le souligne le rapport économique et financier lié au Projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Pendant cette période, leur poids dans le produit intérieur brut (PIB) est passé de 19,9% à 24,7%, soit un gain de 4,8 points.
Les recettes fiscales au cœur de cette croissance
Cette dynamique est principalement portée par les recettes fiscales, qui ont représenté en moyenne 81,5% des recettes ordinaires entre 2021 et 2025. Néanmoins, leur part a légèrement diminué, passant de 83,8% en 2021 à 80,6% en 2025, en raison d’une progression plus rapide des recettes non fiscales, stimulées par des mécanismes de financement innovants et les contributions des établissements et entreprises publics.
Analyse des recettes fiscales par catégorie
En excluant la part de la TVA affectée aux collectivités territoriales, les recettes fiscales ont connu une augmentation moyenne de 11,5% par an entre 2021 et 2025. Cette tendance concerne toutes les grandes catégories d’impôts, avec des hausses annuelles moyennes de 13,4% pour l’impôt sur les sociétés (IS), de 10,2% pour l’impôt sur le revenu (IR), et de 11,8% pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Les autres catégories ont également affiché des hausses notables. En effet, la taxe intérieure de consommation (TIC) a progressé de 8,7% par an en moyenne, tandis que les droits de douane et les droits d’enregistrement et de timbre ont connu des augmentations respectives de 12,6% et 12,5%. Rapportées au PIB, les recettes fiscales ont bondi de 16,8% en 2021 à 19,9% en 2025.
Perspectives pour 2025 et au-delà
En 2025, la hausse des recettes fiscales a connu un coup d’accélérateur, affichant une augmentation de 14,7% par rapport à 2024. Cette performance est attribuée à la continuité de la mise en œuvre de la réforme fiscale, qui se concentre sur l’élargissement de l’assiette, le renforcement de l’équité et l’amélioration du contrôle.
Parmi les mesures adoptées figurent le recouvrement par retenue à la source pour certains impôts, l’instauration du mécanisme d’autoliquidation de la TVA, ainsi que la rationalisation des incitations fiscales. La régularisation fiscale volontaire et l’intensification des opérations de contrôle ont également joué un rôle déterminant dans cette progression.
Prévisions pour 2027
Pour 2027, le PLF anticipe des recettes ordinaires nettes de 470,1 MMDH, hors part de la TVA pour les collectivités territoriales, représentant une croissance de 8,6% par rapport aux prévisions de la Loi de finances 2026. Les recettes fiscales devraient atteindre 423,5 MMDH, soit environ 22% du PIB et 90,1% des recettes ordinaires nettes prévues.
Les impôts directs devraient constituer la première source de recettes fiscales, avec 202 MMDH attendus, représentant 10,5% du PIB et 47,7% du total des recettes fiscales. Leur progression est estimée à 23% par rapport aux prévisions de la Loi de finances 2026.
Détails des recettes fiscales
Concernant les recettes de l’IS, elles sont prévues à 124,8 MMDH, marquant une hausse de 32,2%. Les recettes de l’IR devraient atteindre 71,3 MMDH, en progression de 10,6%. Ensemble, ces deux impôts concentreront l’essentiel des recettes directes attendues en 2027.
Les impôts indirects, quant à eux, devraient générer 173,2 MMDH, avec une augmentation de 8,4%. La TVA représente la principale composante de cette catégorie, avec 125,3 MMDH prévus. Les recettes de la TVA intérieure devraient atteindre 48,6 MMDH, en croissance de 12,2%, tandis que celles de la TVA à l’importation s’établiraient à 76,7 MMDH, en appréciation de 8%.
Contributions des recettes non fiscales
Les recettes non fiscales sont anticipées à 43 MMDH, représentant 9,1% des recettes ordinaires prévues. Elles proviendront principalement des versements des établissements et entreprises publics, estimés à 28 MMDH, ainsi que des cessions de participations de l’État, qui devraient générer 6 MMDH.
La structure prévisionnelle des recettes pour 2027 met en évidence la dominance des ressources fiscales, avec une composante significative de l’IS, de l’IR et de la TVA. En parallèle, elle prévoit une contribution des recettes non fiscales reposant principalement sur les versements des entreprises publiques et les cessions de participations de l’État.