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En Direct Croissance : L’Industrie Doit Prendre le Relais de l’Agriculture en 2027, selon BNP Paribas
Economie

Croissance : L’Industrie Doit Prendre le Relais de l’Agriculture en 2027, selon BNP Paribas

Par Laura Tournon · Publie le 17 septembre 2026 · 5 min de lecture

La Croissance Marocaine de 2026 : Une Analyse des Facteurs Clés

Le chiffre de 4,8% attendu pour la croissance marocaine en 2026 illustre une dynamique de reprise significative, après une progression de 3,9% en 2025. Néanmoins, la composition de cette croissance offre un aperçu plus approfondi de la situation économique. D’après l’analyse publiée le 14 septembre 2026 par BNP Paribas dans sa note ActuEco, cette reprise est fortement dépendante du redressement du secteur agricole, qui devrait connaître une hausse de 19,1% de sa valeur ajoutée, suite à une campagne céréalière exceptionnelle de 90 millions de quintaux, contre seulement 43 millions l’année précédente.

Un Secteur Agricole en Plein Essor

Cette amélioration dans le domaine agricole contribue à hauteur de 1,9 point à la croissance du PIB, ce qui est nettement supérieur à la contribution du secteur secondaire. Ainsi, le relèvement de la production agricole s’affirme comme un moteur puissant de l’économie, bien qu’il reste tributaire des conditions climatiques. BNP Paribas met en lumière le caractère particulièrement favorable de la campagne 2026, tout en soulevant les risques potentiels liés à un retour à des conditions agricoles plus traditionnelles.

Prévisions pour 2027 : Une Baisse Anticipée

Pour 2027, le HCP prévoit déjà une baisse de 6,8% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une campagne moyenne. Dans ce scénario, la croissance nationale pourrait retomber à 3%, indiquant ainsi que le niveau exceptionnel de 2026 ne peut pas être considéré comme un nouveau rythme structurel de croissance.

Un Équilibre Fragile dans le Secteur Non Agricole

Les activités non agricoles affichent une croissance projetée de 3% en 2026, en baisse par rapport à 3,9% en 2025, tandis que le secteur secondaire progresserait à peine de 1,1%. Sa contribution à la croissance nationale resterait ainsi limitée à seulement 0,3 point, selon les données de BNP Paribas ActuEco.

Ralentissement de la Construction et Autres Secteurs

La construction connaît également un ralentissement, avec une croissance prévue de 3,1%, contre 6,7% précédemment. Les coûts énergétiques et logistiques pèsent sur cette activité, tandis que le secteur textile est en déclin, avec un recul anticipé de 1,1%. Ces tendances montrent que la progression du PIB ne s’accompagne pas d’une accélération homogène des activités productives.

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Des Moteurs Économiques Qui Émergent

Malgré ces faiblesses, certaines branches résistent. L’industrie du matériel de transport devrait connaître une croissance de 5,9%, soutenue par la demande automobile et les évolutions des normes européennes. Parallèlement, l’agroalimentaire bénéficie de l’amélioration de la production agricole. Cependant, ces moteurs restent insuffisants pour redynamiser l’ensemble du secteur secondaire.

Une Croissance Tirée par la Demande Intérieure

La demande intérieure joue un rôle majeur en soutenant l’activité, malgré le creusement du besoin extérieur. La consommation des ménages devrait progresser de 4,4% en 2026, grâce à l’amélioration des revenus agricoles et aux transferts des Marocains vivant à l’étranger. L’investissement, quant à lui, pourrait afficher une hausse encore plus significative de 9,5%, en lien avec les infrastructures liées à la Coupe du Monde 2030 et les programmes d’aide au logement.

Déficit Commercial Sous Surveillance

Le taux d’investissement atteindrait ainsi 35,2% du PIB. Néanmoins, BNP Paribas souligne que ce dynamisme entraîne un besoin de financement de 3,9% du PIB, révélant ainsi le coût macroéconomique d’un effort d’investissement élevé. La question se pose alors de savoir si ce rythme d’investissement parvient à accroître réellement la capacité productive nationale.

Une Économie en Équilibre Précaire

Le commerce extérieur constitue un point de vigilance majeur. Le déficit commercial pourrait atteindre 21,9% du PIB en 2026, en hausse par rapport à 20,5% en 2025, avant de revenir à 21,1% en 2027. Cette dégradation est amplifiée par la hausse des coûts énergétiques, notamment liée à l’augmentation du prix du pétrole dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

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Une Dépendance aux Importations

Lorsque la consommation et l’investissement croissent plus rapidement que la production nationale, une partie de cette demande supplémentaire se tourne vers les importations. Ainsi, bien que la croissance s’intensifie, une part significative de la demande est satisfaite par l’offre extérieure.

Perspectives pour 2027 : Un Test Industriel

L’enseignement principal de la conjoncture de 2026 ne réside pas uniquement dans le taux de croissance, mais également dans sa composition. Une économie qui progresse de 4,8% avec une contribution agricole de 1,9 point et une contribution secondaire limitée à 0,3 point indique une transformation insuffisante de son moteur productif.

BNP Paribas anticipe néanmoins une amélioration des activités secondaires pour 2027, avec une croissance de 3,7%. Le HCP prévoit également une progression de 4% pour les activités non agricoles. Cette divergence entre les prévisions du HCP et de Bank Al-Maghrib souligne des hypothèses différentes concernant la dynamique de l’économie.

La Qualité de la Croissance en Question

Quel que soit le scénario envisagé, la qualité de la croissance dépendra de la capacité de l’investissement à augmenter la production nationale. Une demande intérieure soutenue ne peut générer un impact durable sur l’activité que si l’offre locale est en mesure de suivre.

Deux Dépendances à Surveiller

L’analyse de 2026 met en lumière deux dépendances : la première, climatique, avec une agriculture dont la contribution au PIB fluctue selon les conditions pluviométriques ; la seconde, extérieure, où la demande intérieure croissante entraîne des besoins accrus en importations.

La conclusion de BNP Paribas invite à porter un regard attentif sur la composition du taux de croissance. Bien que le rebond agricole améliore les indicateurs de 2026, il ne suffit pas à modifier le profil structurel de l’économie. La progression anticipée de l’industrie en 2027 sera un indicateur clé de la capacité du Maroc à transformer l’effort d’investissement en production et valeur ajoutée.