D’après des bilans encore préliminaires, le puissant mur d’eau et de boue qui a submergé la région a entraîné la perte tragique de 162 vies humaines du côté népalais, ainsi que 3 autres dans la région chinoise du Tibet.
Cette catastrophe naturelle a été provoquée par l’effondrement d’un glacier, dont la force a été telle qu’elle a engendré un séisme de magnitude 5,2 et de nombreux glissements de terrain, comme l’a rapporté l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS).
Au Népal, ce phénomène a particulièrement touché la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot, situé au nord de Katmandou, ainsi que celle de la Bhotekoshi à l’est de la capitale.
Vingt-quatre heures après ce désastre, les autorités népalaises ont signalé qu’elles étaient toujours sans nouvelles de 823 personnes, parmi lesquelles 393 étrangers, selon le décompte de l’autorité népalaise chargée des situations d’urgence.
Du côté chinois, les médias d’État ont rapporté qu’558 personnes, dont 260 étrangers, demeuraient introuvables après le passage de ces torrents de boue qui ont ravagé le port de Gyirong.
«Continuer à chercher»
Située au cœur de l’Himalaya, cette région du Népal est prisée par les randonneurs et alpinistes du monde entier, qui cherchent notamment à conquérir le mont Everest.
Une vidéo de surveillance authentifiée par l’AFP montre un bâtiment imposant où plusieurs personnes tentent de fuir, submergées soudainement par les flots.
Une autre vidéo également validée met en évidence une vague gigantesque, comparable à un tsunami, qui s’abat sur un parking en surplomb d’une rivière, anéantissant des autocars et un bâtiment avec une force dévastatrice.
Nepal flood…
नेपाल में भयंकर तबाही, लोगों को संभलने तक का मौका नहीं मिला , कुदरत ने एकबारगी सारा खतरनाक मंजर एक साथ दिखा दिया
लाखों परिवार बेघर हो गए , अब नेपाल सरकार की असली परीक्षा होगी कि वो अपने नागरिकों को कैसे मदद करता है और इस तबाही से निपटता है #nepalflood #nepal… pic.twitter.com/mj1X7nszze
— Debunk Indian (@debunkindian) August 26, 2026
«Mon frère aîné fait partie de ceux qui ont disparu», a déclaré Subash Khatani à l’AFP, qui s’est rendu jeudi matin à l’hôpital Bir à Katmandou, dans l’espoir d’obtenir des nouvelles. «Nous continuons à le chercher».
Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, se dirigeait vers les zones sinistrées. Son secrétariat a annoncé que le travail d’évaluation des dommages humains et matériels causés par les inondations était en cours, appelant les citoyens à contribuer financièrement aux efforts de secours.
Les opérations de secours se poursuivent jeudi. L’armée a indiqué que des rotations de ses hélicoptères avaient déjà permis d’évacuer 105 personnes et de larguer du matériel médical ainsi que de l’aide humanitaire d’urgence dans les zones touchées.
«Prières» du Dalaï Lama
Fait inhabituel, le président chinois Xi Jinping a pris la parole peu après la catastrophe. «La priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes», a-t-il déclaré.
«Des villages entiers et des marchés ont été rayés de la carte», a commenté David Fisher, responsable au Népal de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
Nepal Red Cross Society’s Emergency Response Committee meeting was held to discuss the response to flood in Rasuwa with the representatives from the International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies (IFRC) and Partner National Societies. pic.twitter.com/BH590HXYGy
— Nepal Red Cross Society (@NepalRedCross) August 26, 2026
Parmi les ressortissants étrangers disparus, on trouve 142 Indiens, ainsi que des Britanniques, Malaisiens, Australiens, Néerlandais, Américains, Portugais, Sud-Africains, Sud-Coréens et Ukrainiens, selon l’office du tourisme népalais.
L’Australie a signalé 34 ressortissants disparus, le Japon 5, l’Ukraine 53 et la Corée 9.
L’organisateur népalais de randonnées, Himalayan Glacier, a précisé à l’AFP qu’il n’avait pas de nouvelles d’un de ses groupes composé de 47 personnes. «Nos équipes effectuent des visites dans les hôpitaux où les victimes sont transférées», a déclaré son directeur, Sanket Pandey.
Comme de nombreux autres responsables politiques, le Dalaï Lama a présenté ses «prières» aux victimes et a exprimé ses «sincères condoléances à toutes les personnes en deuil et touchées par cette tragédie».
His Holiness the 14th Dalai Lama Expresses Condolences Over Devastating Floods Along the Kyirong–Rasuwa Border https://t.co/SNRjDwUbZa
— Tibet.Net (@CTA_TibetdotNet) August 27, 2026
Menace
Dans une déclaration, le chef spirituel tibétain en exil a également exprimé l’espoir que des mesures soient mises en place pour «prévenir de tels désastres à l’avenir».
Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), la crue a été causée par un effondrement de glacier, d’une violence telle qu’elle a engendré un séisme de magnitude 5,2 ainsi que des glissements de terrain.
🚨 #Internacional | El servicio geológico de EE. UU. (USGS) confirmó que el sismo de magnitud 5.2 en #Nepal corresponde al impacto del masivo deslizamiento registrado esta mañana.
📹 Esta animación muestra con claridad la magnitud de lo sucedido: https://t.co/ppAGoE7qU1 pic.twitter.com/LFiFG5rxTr— Red de Emergencia ONG (@reddeemergencia) August 26, 2026
Un premier rapport technique, diffusé jeudi par le gouvernement népalais, met en garde contre le risque d’une deuxième vague. «Le lac qui s’est constitué (après l’avalanche) au niveau du fleuve ne s’est toujours pas totalement libéré», précise-t-il, ajoutant que «la possibilité d’une nouvelle coulée ne peut être immédiatement écartée».
Les inondations et les glissements de terrain sont des phénomènes fréquents durant la mousson d’été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans l’ensemble de l’Asie du Sud. Selon les scientifiques, le changement climatique exacerbe l’intensité et la fréquence de tels événements.