Le Maroc en recul dans le classement mondial de l’égalité des sexes
Le Maroc continue de reculer dans le classement mondial de l’égalité entre les hommes et les femmes. D’après l’édition 2026 du Global Gender Gap Report, publié par le Forum économique mondial (WEF), le Royaume se positionne désormais à la 139e place sur 145 pays, perdant ainsi deux rangs par rapport à l’année précédente. Ce recul se produit alors que le score de parité du pays stagne à 0,632, par rapport à 0,628 en 2025, sur une échelle allant de 0 à 1.
Un paradoxe révélateur
Cette situation met en lumière les défis auxquels le Maroc est confronté pour rattraper les autres économies évaluées par l’indice, qui progressent plus rapidement en matière d’égalité des sexes. Le classement se divise en quatre sous-indices : participation économique et opportunités, niveau d’instruction, santé et survie, et autonomisation politique. Dans ces domaines, les résultats marocains montrent une grande disparité.
Participation économique et opportunités : un constat alarmant
Concernant la participation économique et les opportunités, le Maroc se classe 141e sur 145 pays. Le taux d’activité des femmes n’atteint que 19,80%, tandis que celui des hommes est à 69,60%, créant un écart de 49,80 points de pourcentage par rapport à la moyenne mondiale, ce qui place le Maroc au 143e rang sur cet indicateur. En termes de revenus, les femmes gagnent en moyenne 3.330 dollars par an, contre 14.900 dollars pour les hommes, renforçant ainsi sa position de 143e sur ce critère.
Un taux d’alphabétisation très faible
En matière de niveau d’instruction, le Maroc se retrouve au 118e rang. Bien que le pays ait atteint une parité presque parfaite dans les taux de scolarisation primaire, secondaire et supérieure, il souffre d’un taux d’alphabétisation particulièrement faible. Avec un classement au 123e rang, l’écart entre le taux d’alphabétisation des femmes (64,35%) et celui des hommes (82,44%) est l’un des plus marqués de l’indice.
Des défis en matière de santé et d’autonomisation politique
Pour le sous-indice relatif à la santé et la survie, le Maroc est classé 133e, notamment pénalisé par une espérance de vie en bonne santé qui est de 61,84 ans pour les femmes, contre 62,82 ans pour les hommes. En termes d’autonomisation politique, le pays se classe 90e, avec les femmes occupant 24,30% des sièges au Parlement (81e rang) et 26,32% des postes ministériels (57e rang).
Une comparaison régionale
Dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), le Maroc se positionne au 12e rang, devançant seulement l’Algérie (141e mondial) et l’Iran (144e). En Afrique, il n’a surpassé que quatre pays, à savoir le Mali, l’Algérie, la République démocratique du Congo et le Tchad.
Le constat en Afrique
À l’échelle du continent, le rapport du WEF met en avant la position exceptionnelle de la Namibie, qui se classe 4e au niveau mondial et affiche la meilleure performance de tout le continent africain.
Un écart frappant avec l’Afrique subsaharienne
L’écart le plus marquant entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne se trouve dans le domaine de la participation économique et des opportunités. Cette région a comblé 70,6% de son écart, la classant 4e mondialement, alors que le Maroc n’a comblé que 42,4%. En revanche, pour le critère du niveau d’instruction, le Maroc affiche un score supérieur, comblant 95,8% de son écart contre 89,5% pour l’Afrique subsaharienne.
Les défis juridiques et contextuels
Au-delà des scores, le rapport examine divers indicateurs contextuels et juridiques propres à chaque pays. Pour le Maroc, il est noté que les droit d’héritage des veuves et des filles restent inégaux, tout comme le droit au divorce. En revanche, l’accès aux actifs fonciers et non fonciers est quasiment égalitaire.
Les avancées du Maroc
Le rapport souligne que les Marocaines ont obtenu le droit de vote en 1959 et que des quotas électoraux en faveur des femmes existent au niveau national, un dispositif reconnu comme actif dans le rapport.
Le top 5 mondial de l’égalité des sexes
En matière de santé, le rapport indique un taux de mortalité maternelle de 70 décès pour 100.000 naissances, un taux de fécondité de 2,21 naissances par femme, et 8,80% de mariages précoces. Par ailleurs, 86,60% des naissances sont assistées par du personnel de santé qualifié.
Une représentation féminine insuffisante
Sur le marché du travail, seulement 12,30% des entreprises marocaines ont une propriétaire majoritaire féminine, et 5,44% sont dirigées par une femme au poste de direction générale. Le congé parental payé reste très inégal, avec 98 jours accordés aux mères contre 3 jours aux pères.
Le podium mondial inchangé
Enfin, au niveau mondial, le podium des pays les plus avancés en matière d’égalité des sexes demeure constant pour la troisième année consécutive. L’Islande conserve la première place avec un score de 0,930, étant la seule économie à avoir comblé plus de 90% de son écart de genre. La Finlande (0,872) et la Norvège (0,857) complètent ce trio, suivies par la Namibie (0,845, 4e) et le Royaume-Uni (0,842, 5e).