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Economie

Élections 2026 : Les TPE-PME Appellent à un Pacte National des Partis Politiques

Par Laura Tournon · Publie le 19 septembre 2026 · 4 min de lecture

Mobilisation de la Confédération Marocaine des TPE-PME avant les Élections Législatives

À l’approche des élections législatives prévues le 23 septembre, la Confédération marocaine des TPE-PME prend position pour mettre en avant les réalités des très petites, petites et moyennes entreprises ainsi que des auto-entrepreneurs dans le débat politique et économique. À travers un mémorandum incisif adressé à tous les partis politiques, cette organisation patronale exige des engagements écrits, précis et mesurables, rompant avec la tradition des simples promesses de campagne. Abdellah El Fergui, le président de la confédération, a déclaré au quotidien L’Economiste le 17 septembre que « cette démarche se veut pragmatique et vise à obtenir des garanties tangibles, dotées d’un calendrier d’évaluation, afin de mesurer l’impact réel des futures politiques publiques sur la croissance, l’investissement et la création d’emplois ».

Un Poids Économique Incontournable

Ce mouvement s’appuie sur une réalité démographique et économique indéniable : les PME et TPE représentent plus de 98% du tissu productif national, englobant près de 4 millions d’acteurs économiques. Malgré cette forte représentation, ces entreprises font face à des obstacles structurels qui pèsent sur leur survie et leur compétitivité. Les enjeux liés au financement, à la création, à l’investissement et au développement demeurent entravés par des barrières persistantes. Ainsi, la Confédération appelle à l’instauration d’un pacte national en faveur de l’entreprise de proximité, rejetant tout traitement de faveur au profit de mesures structurelles concrètes.

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Revendiquer une Fiscalité Adaptée

Parmi les principales revendications, la question fiscale se distingue. La CM-TPME plaide pour une fiscalité qui soit en adéquation avec les réalités économiques et les capacités contributives des petites structures. L’impôt ne doit pas devenir un facteur de fragilisation ou de disparition de l’activité. « À ce titre, la Confédération conteste la progressivité du taux de l’impôt sur les sociétés introduite par la réforme de 2023, estimant qu’une TPE ne dispose ni de la surface financière ni des capacités administratives d’une grande entreprise pour y faire face sereinement », a souligné L’Economiste.

Les Défis du Financement

Le sujet du financement constitue également un point de préoccupation majeur. Bien que les pouvoirs publics aient multiplié les dispositifs au fil des années, leur conception et leurs conditions d’accès n’ont pas permis de répondre aux besoins de la majorité des petites entreprises. Ces dernières se retrouvent davantage vulnérables face aux crises successives. La Confédération déplore un paradoxe où les programmes d’envergure tels qu’Intelaka, Forsa, Awrach ou Ana Moukawil, censés soutenir le secteur, sont paradoxalement les plus difficiles d’accès pour les principaux intéressés, exigeant un bilan exhaustif de leur impact réel sur le terrain.

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Frustrations autour de la Commande Publique

La problématique de la commande publique cristallise également le mécontentement des entrepreneurs. Bien qu’un objectif d’allocation de 20 % des marchés publics aux TPE-PME ait été fixé théoriquement en 2013, il demeure lettre morte treize ans plus tard. L’urgence réside dans la nécessité d’une effectivité réelle, ainsi que dans la mise en place de mesures de transparence et de contrôle concernant cette disposition. « Les chefs d’entreprise appellent à une simplification des procédures, un découpage intelligent des marchés et la publication régulière des parts effectivement attribuées », a souligné L’Economiste.

L’Accès au Crédit : Un Enjeu Majeur

L’accès au crédit reste le talon d’Achille de cet écosystème. La CM-TPME propose des réformes audacieuses, allant d’une révision des critères d’octroi à la réduction des garanties excessives, jusqu’à la création d’une banque d’État entièrement dédiée au financement et à l’accompagnement des TPE-PME, que ce soit pour le lancement, le besoin en fonds de roulement, l’investissement ou l’exportation. Les partis politiques sont donc appelés à se positionner clairement sur ces enjeux vitaux pour l’avenir économique du pays.