Le Maroc dans le paysage économique africain
Au sein du paysage économique africain, le Maroc se distingue par une trajectoire unique, tout en affrontant des défis majeurs. Dans un rapport publié en août 2026, le Fonds monétaire international (FMI) examine les obstacles structurels auxquels font face les grandes puissances du continent, incluant des pays tels que l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya et le Nigeria. Le Royaume chérifien apparaît comme le seul pays dont la politique budgétaire n’est pas considérée comme une priorité absolue, recevant une évaluation de priorité moyenne, selon le quotidien Les Inspirations Éco.
Une avancée notable dans la modernisation des finances publiques
Cette distinction s’explique principalement par les progrès réalisés par le Maroc dans la modernisation de ses finances publiques. Youssef Guerraoui Filali, président du Centre marocain pour la gouvernance et le management, souligne que la révision de la loi organique relative à la Loi de finances a transformé en profondeur l’architecture budgétaire du pays. Grâce à l’instauration d’une culture de gestion axée sur des objectifs de performance, un dialogue institutionnel et un suivi rigoureux, le Maroc a établi des bases procédurales solides que d’autres nations cherchent encore à mettre en place.
Des fragilités persistantes malgré les progrès
Cependant, cette avance technique masque des fragilités persistantes. Le FMI rappelle que l’alignement des procédures ne garantit pas nécessairement une efficacité sur le terrain. Bien que la mécanique d’allocation et d’engagement des crédits soit opérationnelle, la performance économique et sociale des fonds publics reste à examiner. Les investissements importants dans les infrastructures peinent parfois à se traduire par une productivité accrue ou une réduction significative de la pauvreté, du chômage et des inégalités. L’enjeu se déplace donc : il ne s’agit plus de vérifier si l’argent est dépensé selon les règles, mais d’évaluer la valeur réelle qu’il apporte à la collectivité, comme l’indique Les Inspirations Éco.
Les défis de la gouvernance et du marché du travail
Les chantiers les plus lourds se concentrent désormais sur la gouvernance et le marché du travail, deux domaines jugés prioritaires par l’institution internationale. L’assainissement du cadre des affaires, la transparence dans la commande publique et la lutte contre la corruption demeurent des impératifs essentiels pour minimiser les distorsions de concurrence et assurer l’investissement productif. Parallèlement, le marché de l’emploi nécessite une révision en profondeur pour corriger le décalage entre l’offre de formation et les besoins réels des entreprises. La capacité du Maroc à transformer ses succès institutionnels en un modèle de développement pleinement inclusif dépendra de la résolution de ces équations.