Le Marché Immobilier Espagnol : Un Ralentissement Notable
Le marché immobilier espagnol subit un ralentissement significatif en ce qui concerne les acheteurs internationaux durant les six premiers mois de l’année 2026. Selon des données récentes fournies par le Conseil général du notariat, les acquisitions de logements par des ressortissants étrangers ont chuté de 13%, atteignant un total de 62 327 transactions. Ce déclin représente la plus forte baisse observée depuis le début de la crise sanitaire liée à la Covid-19 en 2020. Le quotidien Les Inspirations Eco rapporte que « la part de la clientèle étrangère s’érode progressivement dans le secteur résidentiel local et ne représente plus que 18,3% des ventes de logements libres, soit une perte de deux points de pourcentage sur une période de deux ans ».
Les Marocains en Tête des Acquéreurs Étrangers
Au cœur de cette tendance baissière, la communauté marocaine se distingue en devenant le premier groupe d’acheteurs étrangers en Espagne. Avec 4 960 transactions durant le semestre, les acheteurs marocains représentent 8% de l’ensemble des opérations immobilières réalisées par des non-nationaux. Ils devancent ainsi les investisseurs britanniques avec 4 541 achats et les citoyens italiens, qui enregistrent 4 109 acquisitions. Les ressortissants roumains et allemands complètent le classement des cinq premières nationalités actives sur ce marché.
Une Position Dominante mais Fragile
Bien que le volume des opérations place les Marocains en tête, cette position s’inscrit dans un contexte où les variations annuelles par nationalité ne sont pas clairement définies pour chaque groupe. La première place reflète une présence solide en termes de volume global, mais ne garantit pas que les achats en provenance du Maroc soient exemptés de la tendance générale à la baisse qui affecte le secteur immobilier.
Impact des Conditions Économiques sur les Acquisitions
Le ralentissement touche en particulier les acheteurs non-résidents, dont les acquisitions ont chuté de 18%, atteignant 22 940 logements. En revanche, les étrangers déjà établis en Espagne montrent une résistance plus marquée, avec un déclin de 9,7%, représentant toujours 63,2% des transactions réalisées par des étrangers. Cette différence indique que la distance géographique et les conditions financières externes influencent davantage les décisions d’achat par rapport à la demande des résidents.
Variations selon les Nationalités et Territoires
La baisse du marché immobilier étranger se manifeste également par des reculs significatifs des acquisitions de nationalités historiquement actives. Les achats des clients venant de Russie et de Chine affichent des diminutions respectives de 26,2% et 26,1%, tandis que les acheteurs américains et britanniques enregistrent également des baisses supérieures à 20%. À l’opposé, quelques exceptions se dessinent, avec une hausse des transactions des ressortissants vénézuéliens et colombiens.
Répercussions Territoriales du Désengagement
Sur le plan territorial, la majorité des communautés autonomes espagnoles ressentent les effets de ce désengagement. Des régions côtières et insulaires renommées, telles que la Cantabrie, les îles Canaries et les Baléares, affichent des baisses significatives, tout comme la Communauté de Madrid. Cette tendance géographique illustre que la contraction impacte à la fois le marché des résidences secondaires et celui des grands centres urbains, révélant une prudence globale des investisseurs internationaux face aux évolutions des prix et de la conjoncture économique.