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Le Maroc défie la morosité mondiale et renoue avec l’attractivité grâce à l’IDE

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Le Maroc se démarque par sa progression des investissements directs étrangers

Alors que l’année a été marquée par un net repli des investissements directs étrangers à l’échelle mondiale, en baisse de 11% sous l’effet conjugué des tensions géopolitiques et d’une inflation durable, le Maroc a fait figure d’exception. Le Royaume a enregistré une progression notables de près de 55% de ses flux d’IDE, une performance qui, bien qu’inférieure aux pics atteints lors de certaines années de la décennie précédente, lui permet de se repositionner comme un acteur central dans la recomposition actuelle des flux internationaux de capitaux, indique le magazine Challenge, citant le rapport 2025 de la CNUCED.

Une attractivité renforcée malgré un contexte mondial incertain

Dans un contexte mondial dominé par l’incertitude, le Maroc est parvenu à attirer 1,64 milliard de dollars d’investissements étrangers en 2024, contre 1,1 milliard de dollars en 2023. Cette hausse significative intervient alors que les multinationales ont adopté une attitude de prudence extrême, freinées par les conséquences de la guerre en Ukraine, la multiplication des conflits commerciaux et la volatilité des marchés financiers. La trajectoire marocaine tranche ainsi avec la tendance générale de repli observée dans de nombreuses économies émergentes.

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Une dynamique confirmée en 2025

Les premiers chiffres de 2025 confirment que cette dynamique ne relève pas d’un simple rattrapage conjoncturel. D’après les données de l’Office des Changes, l’afflux net d’IDE a atteint 1,4 milliard de dollars à fin mai 2025, en hausse de 41,7% par rapport à la même période de l’année précédente. Cette progression repose principalement sur une augmentation marquée des recettes, qui se sont établies à 2,2 milliards de dollars, tandis que les dépenses liées aux investissements n’ont connu qu’une évolution modérée. L’écart témoigne d’un regain de confiance des investisseurs étrangers dans les perspectives de l’économie marocaine.

Une stratégie de diversification industrielle payante

Cette attractivité renouvelée s’explique en grande partie par une stratégie de diversification industrielle assumée. Le Maroc ne se limite plus à un rôle de plateforme de sous-traitance à faible valeur ajoutée, mais s’impose progressivement comme un hub manufacturier régional. Les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique demeurent les piliers de cette transformation.

Cap sur les énergies renouvelables et l’industrie du futur

Parallèlement, le Maroc a su capter l’intérêt des fonds institutionnels en se positionnant sur les secteurs stratégiques de demain. Les énergies renouvelables constituent un axe majeur de cette stratégie, avec des projets structurants comme Noor Midelt II ou l’extension du parc éolien de Tarfaya. Le Royaume se distingue également sur le créneau émergent de l’hydrogène vert et de l’ammoniac, en développant des projets de carburants synthétiques soutenus par des investisseurs chinois, français et émiratis.

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Des défis à relever pour consolider cette dynamique

Malgré ces avancées, le Maroc doit faire face à des défis pour maintenir sa position et renforcer son attractivité. La simplification administrative, la fiscalité incitative et la transparence réglementaire sont autant de chantiers prioritaires identifiés par les experts pour assurer un flux d’investissements massif, stable et pérenne.

Des perspectives encourageantes pour l’avenir

Les perspectives à moyen terme restent encourageantes, notamment avec l’organisation de la Coupe du Monde 2030. La mise en œuvre de la Nouvelle Charte de l’Investissement et des stratégies telles que Maroc Digital 2030 visent à accroître durablement le volume des investissements privés annuels. Dans un contexte mondial marqué par la fragmentation, le Maroc se distingue par sa capacité de résilience et son potentiel de croissance économique.