Un Accord Pétrolier Historique entre les États-Unis et le Venezuela
Dans un message partagé sur Truth Social, le président américain Donald Trump a qualifié cet accord de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale », affirmant qu’il pourrait doubler les réserves pétrolières des États-Unis.
Il a précisé que cet accord a été établi « en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez », et « au travers d’un partenariat avec des entreprises privées ».
Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier « historique » avec les États-Unis, Mme Rodriguez remerciant « chaleureusement » Donald Trump dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.
Selon ses déclarations, cet accord prévoit « de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l’État » vénézuélien.
« Pour le peuple vénézuélien, cet accord (…) soutiendra des milliers d’emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l’économie vénézuélienne », a également déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, sur X, confirmant « près de 100 milliards de dollars d’investissements privés » dans le pays.
This deal is a huge win for both the American and Venezuelan people.
It demonstrates how President Trump’s bold foreign policy is driving America First wins: securing stable reserves and low-cost oil in our Hemisphere and lowering gas prices here at home.
For the Venezuelan… https://t.co/SMSRYGWmVb
— Secretary Marco Rubio (@SecRubio) August 28, 2026
Les Réserves Pétrolières du Venezuela et la Situation Américaine
Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Cependant, sa production reste limitée.
Parallèlement, les stocks stratégiques américains (« strategic petroleum reserve », ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
Washington a pris l’engagement de libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février, afin de pallier les perturbations d’approvisionnement et les hausses des prix du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.
Selon Donald Trump, « cette transaction historique » entre les États-Unis et le Venezuela permettra « de réduire considérablement le prix de l’essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années ».
Le président américain assure également que cet accord « ne coûtera rien aux contribuables américains ».
Une Mainmise Américaine sur les Ressources Vénézuéliennes
Depuis le raid militaire américain qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro au début de janvier, Donald Trump cherche à relancer l’exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre contrôle.
Le gouvernement américain incite les entreprises américaines à investir dans le pays, bien que des réactions mitigées émergent face aux lourds investissements requis pour réhabiliter les infrastructures pétrolières et extraire ce « noir or ».
Chevron and other US energy companies are close to finalizing deals to invest billions of dollars to help rebuild Venezuela’s oil fields, according to the Wall Street Journal. https://t.co/wPGVvwkm5E
— Bloomberg (@business) August 28, 2026
Cette réticence découle des expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé, ExxonMobil en ayant fait l’expérience à deux reprises.
« Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité », a commenté John Kilduff, analyste d’Again Capital, auprès de l’AFP.
Il estime que les États-Unis pourraient chercher à « créer une sorte de zone d’État où les entreprises américaines peuvent s’implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela ».
Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l’Energy Institute de l’Université du Texas à Austin, de nombreuses « zones d’ombre » subsistent, notamment le risque qu’un futur gouvernement vénézuélien change brusquement « les règles du jeu », remettant en cause tout accord établi.
« Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits », ajoute l’expert pétrolier Oswaldo Felizzola.
D’après Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce semble relever d’« un jeu de récits autour d’accords qui étaient déjà en cours de négociation », avec l’achat par les États-Unis de brut vénézuélien étant en tous les cas « garanti ».
Selon l’expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l’énergie.