lundi 31 août 2026
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Les ministres des Finances du G20 à Washington : Vers un isolement accru de Téhéran

Par Martin Neuville · Publie le 31 août 2026 · 5 min de lecture

Les États-Unis inaugurent une série de réunions sur leur sol, dans un élégant complexe hôtelier adjacent à un parcours de golf verdoyant, situé au pied des Appalaches, à Asheville, en Caroline du Nord.

Le ministre des Finances, Scott Bessent, originaire de la Caroline du Sud voisine, conduira les discussions en tandem avec Kevin Warsh, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Washington, en tant que président de cette année du regroupement des grandes économies mondiales incluant la Chine, l’Inde, le Japon et la France, souhaite orienter les débats sur les moyens d’encourager la croissance, la dérégulation et la résorption des déséquilibres dans les échanges commerciaux.

D’autres sujets de discussion émergeront rapidement, notamment en coulisses.

En premier lieu, la guerre au Moyen-Orient, lancée par les États-Unis il y a six mois, a engendré une crise énergétique et une flambée des prix à l’échelle mondiale.

En tant que rouage essentiel du gouvernement mené par le milliardaire républicain, Scott Bessent est chargé de mener une offensive économique contre l’Iran à travers des sanctions, une mesure que la puissance militaire américaine n’a pas réussi à faire fléchir.

Le secrétaire au Trésor a récemment lancé un avertissement aux pays qui continuent de commercer avec Téhéran, menaçant de les exclure du système financier occidental.

Selon le ministère, M. Bessent mettra l’accent sur son message envers l’Iran lors des rencontres avec ses homologues à Asheville.

Des « Discussions délicates »

Un autre sujet sensible concerne les droits de douane. Malgré la censure imposée par la Cour suprême, l’exécutif américain n’a pas abandonné l’idée de surtaxer les produits importés et a récemment ravivé les tensions avec le voisin canadien, membre du G20 et du G7.

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« Puisqu’on est maintenant en guerre commerciale avec le Canada, il n’y a pas d’unité du G7. Et sans unité du G7, il est difficile d’arriver au G20 et de mener des discussions délicates », a souligné Josh Lipsky, chercheur au groupe de réflexion Atlantic Council, dans une déclaration à l’AFP.

« Je pense que la plupart des pays vont écouter respectueusement (les responsables américains) mais resteront circonspects en raison des enjeux macroéconomiques chez eux comme aux États-Unis », a-t-il ajouté, en évoquant l’inflation persistante et la récente hausse des taux d’intérêt de la dette publique.

Le G20 a été établi suite à la crise financière asiatique de 1997-1998 pour renforcer la stabilité économique et financière mondiale. Il regroupe 19 pays ainsi que deux entités régionales : l’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA).

Des journalistes écartés

Cette année, l’Afrique du Sud a été exclue des réunions par le gouvernement américain, qui accuse régulièrement, sans fondement, les autorités de Pretoria de persécuter les fermiers blancs.

Un autre pays en désaccord avec Donald Trump, à savoir le Brésil dirigé par le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, n’a pas envoyé son ministre des Finances.

Bien que n’étant pas encore membre permanent, la Pologne a été invitée par Washington à participer à tous les travaux, soulignant la forte expansion économique du pays d’Europe de l’Est.

La Russie sera représentée par un émissaire du ministère des Affaires étrangères.

Un responsable européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a exprimé son mécontentement quant à la participation de la Russie, en guerre contre l’Ukraine depuis 2022, au G20.

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Le président russe Vladimir Poutine est attendu à Bichkek, capitale du Kirghizstan, pour le 25e anniversaire de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), aux côtés du président iranien Massoud Pezeshkian, du Premier ministre indien Narendra Modi et du dirigeant chinois Xi Jinping.

Cette organisation en plein essor, composée de dix États, vise à contrebalancer l’influence occidentale, en mettant l’accent sur des questions de sécurité et économiques.

Par ailleurs, la demande d’accréditation au G20 de plusieurs journalistes de médias américains de premier plan a été rejetée, selon les publications.

L’agence de presse économique Bloomberg n’a reçu aucun laissez-passer, selon un porte-parole, ce qui a conduit le média à dénoncer une « atteinte à la liberté de la presse et à la transparence vis-à-vis du public ».

Le New York Times a rapporté que son reporter chargé de couvrir le Trésor s’était également vu refuser l’accès.

Le Trésor a répondu en soulignant avoir accrédité près de 300 membres des médias, s’attendant à une couverture « factuelle » et non « sensationnaliste ».

Le cycle de réunions du G20 se conclura à la mi-décembre par un sommet des chefs d’État en Floride, dans un complexe de golf luxueux appartenant à Donald Trump à Miami.