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Les retenues du barrage Mohammed V atteignent 93%, les travaux de surélévation se poursuivent

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Le projet de surélévation du barrage Mohammed V : un chantier stratégique

Le projet de surélévation du barrage Mohammed V, principal ouvrage hydraulique de la région de l’Oriental, s’impose comme un chantier stratégique à forte portée structurante. Il répond à des enjeux multiples, allant de la gestion durable des ressources en eau au renforcement de la sécurité hydrique, en passant par la protection contre les risques naturels, le soutien à l’agriculture irriguée et la consolidation de la production d’énergie hydroélectrique.

Une solution structurelle pour garantir la pérennité de l’ouvrage

Mis en exploitation en 1967 avec une capacité initiale de retenue de 730 millions de mètres cubes, le barrage Mohammed V a longtemps constitué un maillon essentiel de l’approvisionnement en eau potable et en eau d’irrigation de vastes périmètres agricoles, rappelle Hussein Ba Ahmed, chef du projet de surélévation. Il précise toutefois que l’envasement progressif observé depuis le début de l’exploitation a fortement entamé la capacité de stockage, la ramenant à environ 165 millions de mètres cubes, rendant indispensable la mise en œuvre d’une solution structurelle pour garantir la pérennité et la performance de l’ouvrage.

Des travaux en cours pour augmenter la capacité de retenue

C’est dans ce contexte que le ministère de l’Équipement et de l’Eau a lancé le projet de surélévation du barrage, dont les travaux ont démarré en avril 2021. À ce jour, le taux d’avancement du chantier atteint 69%, avec une mise en service prévue pour septembre 2026. Une fois achevé, le projet permettra de porter la capacité de retenue du barrage à près d’un milliard de mètres cubes, constituant ainsi un saut qualitatif majeur en matière de régulation des crues, de sécurisation de l’alimentation en eau potable, d’irrigation agricole et de renforcement de la production hydroélectrique régionale.

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Un projet réalisé par des compétences marocaines

Selon Hussein Ba Ahmed, l’un des aspects remarquables de ce projet réside dans sa réalisation intégrale par des compétences marocaines, tant au niveau des études que de l’exécution des travaux. Son coût global est estimé à environ 1,7 milliard de dirhams, financé conjointement par le Fonds arabe de l’État du Koweït et le Trésor public du Royaume. Le chantier se distingue par le recours à la technique du béton compacté au rouleau (BCR), tout en maintenant l’exploitation normale de la retenue, une configuration qui requiert une expertise technique de haut niveau et une vigilance permanente afin de garantir la sécurité de l’ouvrage à toutes les phases du projet.

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Amélioration de la situation hydrique

De son côté, Abderrahmane Adli, chef du barrage Mohammed V, souligne que la situation hydrique récente a connu une amélioration notable grâce aux apports enregistrés au cours des dernières semaines. «Les seuls apports du mois de décembre ont atteint 127,3 millions de mètres cubes. Le volume stocké, qui ne dépassait pas 25 millions de mètres cubes avec un taux de remplissage d’environ 15%, s’élève aujourd’hui à 152 millions de mètres cubes, correspondant à un taux de remplissage de 93%», précise-t-il.

Gestion des crues et rôle des barrages de la région de l’Oriental

Malgré cette amélioration sensible, des lâchers d’eau maîtrisés continuent d’être opérés afin de préserver la sûreté de l’ouvrage et de prévenir les risques d’inondation, tout en maintenant une capacité d’absorption suffisante en cas d’apports supplémentaires. Ces opérations s’inscrivent dans un dispositif intégré de gestion des crues, les volumes déversés étant dirigés vers le barrage Mechraa Hammadi, situé à une quinzaine de kilomètres en aval, pour y être stockés ou évacués vers la mer lorsque les seuils maximaux sont atteints.