Arrestations au Liban : un réseau lié à Bachar al-Assad démantelé
Le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire, Claude Ghanem, a déféré 14 personnes devant la première juge d’instruction militaire, Ghada Abou Alouane. Parmi elles, cinq individus sont actuellement détenus, tandis que d’autres sont activement recherchés par les autorités.
Contexte des arrestations
Début septembre, un groupe a été arrêté, incluant un ancien officier du renseignement syrien et plusieurs complices présumés. Ces suspects sont accusés d’avoir planifié des attaques contre les autorités du président syrien Ahmed al-Chareh et d’avoir bénéficié d’un entraînement militaire dans des camps associés au Hezbollah. Les personnes impliquées ont nié ces accusations.
Les charges retenues contre les suspects
Les poursuites concernent principalement la constitution d’un groupe criminel, la participation à un entraînement militaire au maniement des armes et explosifs, l’utilisation de drones, ainsi que l’intention de mener des actes terroristes sur la côte syrienne.
Manaf Ali Safi : un ancien officier en première ligne
Parmi les détenus figure Manaf Ali Safi, un ancien officier du renseignement syrien ayant servi sous le régime de Bachar al-Assad, déchu en décembre 2024. Selon des sources judiciaires, il a révélé un «transfert de plus de 40 officiers et membres des forces loyales à Bachar al-Assad depuis la côte syrienne vers le nord du Liban, via des passages frontaliers illégaux, par groupes de cinq personnes».
Entraînement militaire et supervision clandestine
Les membres du réseau auraient été dirigés vers la plaine de la Békaa, où ils ont suivi des formations sur le maniement des armes, des explosifs, des fusils de précision et des drones. Un cadre du Hezbollah, actuellement en fuite, aurait supervisé le transfert clandestin et l’entraînement des membres dans des camps situés dans l’est du Liban.
Liens internationaux et financement suspect
Selon les premières investigations, le réseau serait orchestré depuis la Russie par un ancien général de division de l’armée syrienne, proche de Bachar al-Assad et résidant à Moscou. Les enquêteurs se penchent également sur les sources de financement du groupe et cherchent à identifier l’ensemble des personnes entraînées ainsi que la nature des opérations prévues en Syrie. La présence d’armes, d’explosifs et de matériels pour drones renforce les soupçons quant à la préparation d’actions armées.
Contexte régional et tensions persistantes
La côte syrienne, bastion historique de la minorité alaouite dont est issue la famille Assad, a connu des violences confessionnelles en 2025. Ces affrontements ont fait au moins 1.426 morts, selon une commission nationale d’enquête syrienne.
Perspectives de coopération entre le Liban et la Syrie
Cette affaire survient à un moment où la Syrie et le Liban tentent d’améliorer leurs relations après la chute du clan Assad et l’affaiblissement du Hezbollah, soutenu par l’Iran. En août, les autorités libanaises avaient extradé vers Damas un ancien général syrien, recherché pour plusieurs crimes, y compris des actes de meurtre et de torture.
Un test pour la coopération sécuritaire
Le démantèlement de ce réseau représente un test pour la coopération sécuritaire entre Beyrouth et Damas. Les deux pays doivent renforcer le contrôle d’une frontière longue et poreuse, souvent utilisée pour le trafic d’armes, de marchandises et de personnes.