Une avancée significative pour le secteur bancaire marocain
Le cadre réglementaire du secteur bancaire marocain atteint un tournant décisif grâce à l’avis favorable émis par le Comité des établissements de crédit sur dix nouveaux textes fondamentaux. Réuni à Rabat sous la présidence du wali de Bank Al-Maghrib, ce comité consultatif regroupe l’ensemble des acteurs clés du secteur financier, allant du ministère des Finances aux associations professionnelles. « Derrière cette avancée technique majeure se dessine une feuille de route stratégique structurée autour de quatre priorités interconnectées : la diversification des modes de refinancement, la résilience face aux risques numériques, l’alignement sur les standards internationaux de conformité et l’amélioration de la relation avec la clientèle », rapporte le quotidien Les Inspirations Éco du 27 octobre.
Les fondements de la réforme : la loi sur les obligations sécurisées
Au cœur de cette réforme se trouvent sept circulaires d’application dédiées à l’opérationnalisation de la loi relative aux obligations sécurisées. Ce mécanisme innovant permet aux banques, ainsi qu’à la Caisse de dépôt et de gestion, d’émettre des titres de dette adossés à des portefeuilles de créances de premier ordre, qu’il s’agisse de créances hypothécaires ou de prêts accordés aux collectivités locales et aux entreprises publiques.
Adaptation des ressources et financement de l’économie
En introduisant ce levier pour ajuster ses ressources à ses engagements à long terme, le secteur bancaire vise à diminuer sa dépendance structurelle aux dépôts à vue, tout en renforçant le financement de l’immobilier et des équipements publics. Néanmoins, cela ne garantit pas une baisse automatique des taux d’intérêt pour les emprunteurs.
Modernisation du cadre réglementaire
Le secteur bancaire marocain avance vers la modernisation et la consolidation de son cadre réglementaire. Lors de sa réunion élargie à Rabat, le Comité des établissements de crédit a donné son feu vert à dix textes clés proposés par Bank Al-Maghrib. « Couvrant des domaines variés tels que la diversification du refinancement, la résilience numérique, la conformité internationale et l’amélioration de la relation client, ce chantier global cherche à concilier la solidité financière du système bancaire avec les impératifs de transformation et d’accompagnement de l’économie nationale », souligne Les Inspirations Éco.
Des instruments financiers au service de la stabilité
L’opérationnalisation de la loi sur les obligations sécurisées mobilise à elle seule sept circulaires, permettant aux établissements agréés d’émettre des titres de dette adossés à des créances garanties, qu’elles soient hypothécaires ou publiques. Avec un excédent de couverture minimal de 5 % et une gestion rigoureuse des actifs, cet instrument a pour but de fournir aux banques des ressources stables à long terme tout en élargissant les options d’investissement pour les investisseurs institutionnels.
Renforcement de la gestion des risques
Parallèlement à la restructuration des ressources, une attention particulière est portée à la maîtrise des risques opérationnels et sécuritaires. La montée en puissance de la digitalisation et l’augmentation des cyberattaques ont conduit à l’élaboration d’une nouvelle directive visant à encadrer la résilience numérique des établissements. Cette directive cherche à garantir non seulement la protection des données, mais aussi la continuité du service en cas d’incident informatique. « Sur le plan de la conformité internationale, le comité a validé un ajustement des règles de vigilance relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, alignant ainsi le dispositif national sur les derniers standards du Groupe d’action financière (GAFI) », indique le quotidien.
Amélioration de la relation client
L’accent mis sur la relation avec les usagers représente un autre axe majeur de ce paquet réglementaire. Cela répond à une hausse des réclamations auprès de la Banque centrale, principalement liées à la gestion des comptes et aux moyens de paiement. Les résultats des missions d’observation en agence ont mis en lumière un besoin d’amélioration de la qualité de l’accueil et de la clarté de l’information tarifaire. La nouvelle directive vise à établir des normes minimales pour la prise en charge des clients et le suivi de leur satisfaction, dans le but de combler ces lacunes et de renforcer leur confiance.
Une instance consultative tournée vers l’avenir
Le Comité des établissements de crédit, instance consultative stratégique présidée par le wali de Bank Al-Maghrib, regroupe des représentants du ministère des Finances, de la Banque centrale et des différentes associations professionnelles du secteur. En plus des chantiers nationaux, l’instance a également soutenu une convention de coopération bilatérale en matière de contrôle bancaire avec la Banque centrale de l’Ouganda, témoignant de l’expansion et de l’intégration croissantes des groupes bancaires marocains à l’échelle continentale.