lundi 26 octobre 2026
En Direct Logistique Céréalière : Les Enjeux Stratégiques du Stockage et du Transport Intérieur
Economie

Logistique Céréalière : Les Enjeux Stratégiques du Stockage et du Transport Intérieur

Par Laura Tournon · Publie le 26 octobre 2026 · 3 min de lecture

Le défi de l’approvisionnement en matières premières céréalières au Maroc

Chaque année, le Maroc importe plus de 12 millions de tonnes de matières premières céréalières pour garantir l’alimentation humaine et animale. La compétitivité de cette filière essentielle est largement influencée par les fluctuations des marchés internationaux. Toutefois, le véritable défi réside dans l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement nationale. La modernisation des infrastructures portuaires a renforcé l’accès du pays, mais les vulnérabilités se situent désormais en aval.

Marathon logistique après l’accostage

Une fois les cargaisons arrivées à destination, un véritable marathon logistique débute, incluant le déchargement, le passage par les silos, et l’évacuation rapide par voies ferrées ou routières. La moindre défaillance ou congestion dans ce processus peut créer d’importants goulots d’étranglement, immobilisant les navires et entraînant des coûts supplémentaires pour l’ensemble du secteur. Les professionnels s’alarment face à l’augmentation des surestaries, ces pénalités de retard qui ont frôlé les 100 millions de dollars durant les cinq premiers mois de l’année 2026, en raison d’un temps d’attente moyen passant de 12 à 25 jours.

Lire aussi:  "Al-Barid Bank" ouvre la première agence bancaire au poste frontière de Guerguerat

Une vision globale pour la sécurité alimentaire

Selon Habib Hjiaj, expert du secteur, la situation actuelle exige une approche globale. Le port, bien que renforcé, n’est qu’une partie du système. La sécurité alimentaire nationale dépend également des réseaux de transport et des capacités de stockage intérieur. Pour faire face à ces défis, l’Agence nationale des ports (ANP) a mis en place de nouvelles règles d’accostage strictes à Casablanca, visant à optimiser l’utilisation des quais. Cette discipline aide à éviter la saturation des terminaux et à coordonner les acteurs, mais ne résout pas les carences logistiques au-delà des ports.

La nécessité de redéployer les capacités de stockage

Pour désengorger les ports et sécuriser les approvisionnements, un redéploiement massif des capacités de stockage à proximité des zones de consommation est essentiel. La création de silos intérieurs, interconnectés aux réseaux routiers et ferroviaires, permettrait une meilleure régulation des flux. D’un point de vue financier, il est révélateur que les sommes considérables dépensées en surestaries pourraient couvrir le coût de construction d’infrastructures capables de stocker 600 000 tonnes de céréales en dehors des zones portuaires. Transformer ces frais improductifs en investissements durables représente un levier majeur pour le pays.

Lire aussi:  M-AUTOMOTIV élu «Service de l’Année 2026» pour la 3ème fois de suite

Opportunités d’aménagement du territoire

La restructuration de la logistique céréalière s’inscrit dans un contexte favorable, marqué par la dynamique nationale de modernisation des infrastructures à l’horizon 2030, notamment en prévision de la Coupe du Monde de football. L’amélioration des réseaux routiers, ferroviaires et énergétiques offre une occasion historique d’intégrer les besoins de la filière agricole dans les grands projets d’aménagement du territoire. En localisant judicieusement les futurs silos le long des axes de transport stratégiques, le Maroc pourrait maximiser le rendement de chaque dirham investi et rendre ces projets attrayants pour les bailleurs de fonds.