samedi 7 novembre 2026
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Economie

Oignons à El Hajeb : Le stockage frigorifique, une solution pour réduire les pertes

Par Laura Tournon · Publie le 7 novembre 2026 · 4 min de lecture

Le stockage des oignons à El Hajeb : un enjeu majeur

Dans la région d’El Hajeb, un des principaux bassins de production d’oignons au Maroc, le processus de stockage de la nouvelle récolte a débuté début octobre. Cette phase est aussi déterminante que la récolte elle-même, car elle influence à la fois la qualité du produit et sa commercialisation sur l’ensemble de l’année. Une partie de l’excédent est également destinée aux marchés africains et européens.

Une évolution vers des méthodes modernes

À Bouderbala, une localité rurale de la province d’El Hajeb, une observation du média Le360 a révélé une diminution significative des entrepôts traditionnels, connus sous les noms de « grayer » ou « chichouarat ». À la place, des unités frigorifiques prennent progressivement le relais, attirant un nombre croissant de producteurs. Les méthodes de stockage anciennes, exposées aux aléas climatiques et à l’humidité, ont montré leurs limites, entraînant des pertes importantes en quantités stockées.

La qualité de la récolte et les défis de l’irrigation

Younes Souini, agriculteur de la région, note que l’intérêt pour les unités frigorifiques a connu une forte hausse cette année, rendant l’accès à ces installations de plus en plus difficile pour de nombreux producteurs. Selon lui, la qualité de la récolte actuelle est supérieure à celle de l’année précédente, qui avait été marquée par une baisse notable de la qualité des oignons.

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Malgré cela, il souligne que les conditions climatiques et les précipitations de la saison pluviale ont eu un impact sur la production. Le problème de l’eau demeure un défi pour certains agriculteurs, qui peinent à satisfaire les besoins d’irrigation de leurs exploitations.

Prix et méthodes de stockage

Actuellement, le prix de l’oignon à la sortie des exploitations se situe entre 3 et 4,70 dirhams le kilogramme. Environ 80% des agriculteurs de la région ont opté pour les unités frigorifiques, tandis que 20% continuent à utiliser les méthodes traditionnelles. Le stockage à froid présente l’avantage de protéger le produit des variations de température et des risques de détérioration, permettant ainsi de conserver la qualité plus longtemps.

Bouderbala, un acteur clé dans la production d’oignons

Mohamed Ahrimech, un investisseur agricole de la région, a indiqué dans une interview pour Le360 que Bouderbala joue un rôle prépondérant dans la production nationale d’oignons. La récolte s’effectue généralement à la fin juillet et durant le mois d’août, période durant laquelle le produit est rassemblé, séché, puis mis en nattes avant le début du stockage en septembre.

Une transition vers des pratiques plus efficaces

Il souligne l’évolution des pratiques observée ces dernières années. Les agriculteurs, qui utilisaient auparavant principalement des « grayer » ou « chichouarat », des entrepôts construits en pierres et en paille, se tournent désormais vers des unités frigorifiques. Ces dernières permettent de contrôler les conditions de stockage, en absorbant l’humidité et en préservant la qualité des oignons jusqu’à leur arrivée chez le consommateur.

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Un surcoût justifié pour la qualité

Un surcoût pour limiter les pertes

Cette transition est principalement motivée par la nécessité de réduire les pertes liées aux méthodes traditionnelles. Le coût de stockage dans les unités frigorifiques s’élève à environ 1,70 dirham par kilogramme, tandis que les « grayer » entraînent un coût d’environ 0,50 dirham par kilogramme. Cependant, ces derniers peuvent causer la perte de près de deux tiers de la récolte, ce qui incite les agriculteurs à investir dans des solutions plus coûteuses pour préserver de plus grands volumes.

Équilibre entre coûts et qualité

Concernant les prix, Mohamed Ahrimech précise que l’oignon a connu des niveaux élevés au début de la saison avant de se stabiliser. Actuellement, il se négocie entre 3,50 et 4,50 dirhams le kilogramme. Les agriculteurs de Bouderbala continuent à réviser leurs méthodes de stockage, cherchant à atteindre un équilibre optimal entre la qualité du produit, la réduction des pertes et la maîtrise des coûts de production.