mercredi 19 août 2026
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Relations tendues entre Washington et Téhéran

Par Martin Neuville · Publie le 19 août 2026 · 5 min de lecture

Les tensions persistent dans la région, près de huit mois après le début des hostilités, malgré une certaine réduction des frappes israélo-américaines et des répliques iraniennes. La situation demeure délicate.

Mardi, les Émirats arabes unis ont accusé l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques, qui ont échoué en mer, visant ainsi « la navigation maritime ».

Suite à ces accusations, la diplomatie émiratie a annoncé via X la suspension immédiate de tous les échanges commerciaux et des transactions financières avec l’Iran jusqu’à nouvel ordre.

Téhéran a catégoriquement nié avoir effectué des tirs de missiles dans le Golfe, rejetant les accusations émiraties.

Dans une déclaration sur son réseau Truth Social, le président américain a précisé : « Aucune conversation ni discussion n’a lieu en ce moment ni n’est programmée avec la République islamique d’Iran. Le blocus naval reste pleinement en vigueur et effectif. Le détroit d’Ormuz est ouvert et fonctionnel. Toutes les mines marines ont été enlevées ou déclenchées ».

Cette déclaration a soulevé des interrogations, d’autant plus que l’émissaire américain, Jared Kushner, avait évoqué des discussions « très positives et animées » la veille.

Selon une source américaine contactée par l’AFP, ces discussions ont été suspendues et le président a ordonné à ses équipes de ne pas reprendre le dialogue tant que Téhéran ne ferait pas des concessions.

Conditions iraniennes

Les autorités iraniennes ont peu montré de signes d’ouverture.

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Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que le détroit ne serait pas accessible tant que Washington n’aurait pas respecté ses engagements issus d’un protocole d’accord signé en juin.

Ce protocole prévoyait une trêve de soixante jours pour négocier un règlement diplomatique durable, mais n’a pas abouti.

Les conditions évoquées par Ghalibaf incluent « la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l’embargo pétrolier » contre Téhéran, ainsi que « la fin des opérations militaires sur tous les fronts ».

Le président Donald Trump envisage désormais de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », illustrant ainsi la montée des tensions autour de cette voie stratégique.

Malgré les déclarations du président républicain, le trafic maritime dans la zone reste considérablement réduit par rapport aux niveaux d’avant le conflit.

Le comptage des navires est compliqué par le fait que certains d’entre eux choisissent de désactiver leurs transpondeurs pour traverser le détroit.

Oman

Après l’attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, Téhéran a réagi en frappant les pays voisins alliés de Washington, tout en bloquant cette voie de transit essentielle pour les hydrocarbures.

Les États-Unis ont également imposé un blocus aux ports iraniens.

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Malgré ses déclarations provocatrices concernant Ormuz ou sa menace de bombarder Oman, le président américain semble, pour l’instant, adopter une posture plus prudente.

La guerre contre l’Iran est très mal vue aux États-Unis, et un regain d’hostilités de la part de Washington impliquerait de gérer des réserves de missiles déjà largement éreintées.

Le gouvernement américain mise sur les effets à long terme de la pression économique sur l’Iran, à travers le blocus maritime et diverses sanctions.

Le Qatar, en tant que médiateur entre Téhéran et Washington, a déclaré mardi qu’un accord entre l’Iran et Oman concernant le détroit d’Ormuz « faciliterait » la reprise des négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

L’Iran et Oman, tous deux riverains du détroit, discutent depuis plusieurs semaines de la gestion future de cette voie stratégique. Téhéran a affirmé que les coordonnées géographiques du tracé proposé par les deux pays « ont été approuvées ».

La république islamique, qui cible les navires tentant de traverser le détroit sans autorisation, souhaite imposer des frais de navigation pour les services rendus aux vaisseaux en transit, une proposition rejetée par les États-Unis et plusieurs autres pays de la région.