Les tensions persistent dans la région, près de huit mois après le début des hostilités, malgré une certaine réduction des frappes israélo-américaines et des répliques iraniennes. La situation demeure délicate.
Mardi, les Émirats arabes unis ont accusé l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques, qui ont échoué en mer, visant ainsi « la navigation maritime ».
Suite à ces accusations, la diplomatie émiratie a annoncé via X la suspension immédiate de tous les échanges commerciaux et des transactions financières avec l’Iran jusqu’à nouvel ordre.
The United Arab Emirates (#UAE) suspended all trade exchanges and financial transactions with #Iran « until further notice, » UAE’s state-run WAM news agency reported, citing the Foreign Ministry’s strategic communications director. https://t.co/mbbisaAh2Y
Téhéran a catégoriquement nié avoir effectué des tirs de missiles dans le Golfe, rejetant les accusations émiraties.
Dans une déclaration sur son réseau Truth Social, le président américain a précisé : « Aucune conversation ni discussion n’a lieu en ce moment ni n’est programmée avec la République islamique d’Iran. Le blocus naval reste pleinement en vigueur et effectif. Le détroit d’Ormuz est ouvert et fonctionnel. Toutes les mines marines ont été enlevées ou déclenchées ».
Cette déclaration a soulevé des interrogations, d’autant plus que l’émissaire américain, Jared Kushner, avait évoqué des discussions « très positives et animées » la veille.
Selon une source américaine contactée par l’AFP, ces discussions ont été suspendues et le président a ordonné à ses équipes de ne pas reprendre le dialogue tant que Téhéran ne ferait pas des concessions.
Conditions iraniennes
Les autorités iraniennes ont peu montré de signes d’ouverture.
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que le détroit ne serait pas accessible tant que Washington n’aurait pas respecté ses engagements issus d’un protocole d’accord signé en juin.
Ce protocole prévoyait une trêve de soixante jours pour négocier un règlement diplomatique durable, mais n’a pas abouti.
Les conditions évoquées par Ghalibaf incluent « la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l’embargo pétrolier » contre Téhéran, ainsi que « la fin des opérations militaires sur tous les fronts ».
Le président Donald Trump envisage désormais de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », illustrant ainsi la montée des tensions autour de cette voie stratégique.
President Donald Trump said he may soon declare the Strait of Hormuz “a territory of the United States” after what he described as defeating Iran, escalating his rhetoric over the strategic waterway at the centre of the U.S.–Iran conflict. Trump offered no legal or operational… pic.twitter.com/TbqIz9Rkjy
Malgré les déclarations du président républicain, le trafic maritime dans la zone reste considérablement réduit par rapport aux niveaux d’avant le conflit.
Le comptage des navires est compliqué par le fait que certains d’entre eux choisissent de désactiver leurs transpondeurs pour traverser le détroit.
Oman
Après l’attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, Téhéran a réagi en frappant les pays voisins alliés de Washington, tout en bloquant cette voie de transit essentielle pour les hydrocarbures.
Les États-Unis ont également imposé un blocus aux ports iraniens.
Malgré ses déclarations provocatrices concernant Ormuz ou sa menace de bombarder Oman, le président américain semble, pour l’instant, adopter une posture plus prudente.
President Trump told Fox News that Iran should « put up the white flag of surrender. »
« I have no time schedule, » Trump added. « I’m not in a hurry…the midterms have nothing to do with my thinking. »
The President confirmed there is a direct backchannel with IRGC officials.… pic.twitter.com/OAHFVWSQFs
La guerre contre l’Iran est très mal vue aux États-Unis, et un regain d’hostilités de la part de Washington impliquerait de gérer des réserves de missiles déjà largement éreintées.
Le gouvernement américain mise sur les effets à long terme de la pression économique sur l’Iran, à travers le blocus maritime et diverses sanctions.
Le Qatar, en tant que médiateur entre Téhéran et Washington, a déclaré mardi qu’un accord entre l’Iran et Oman concernant le détroit d’Ormuz « faciliterait » la reprise des négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
L’Iran et Oman, tous deux riverains du détroit, discutent depuis plusieurs semaines de la gestion future de cette voie stratégique. Téhéran a affirmé que les coordonnées géographiques du tracé proposé par les deux pays « ont été approuvées ».
La république islamique, qui cible les navires tentant de traverser le détroit sans autorisation, souhaite imposer des frais de navigation pour les services rendus aux vaisseaux en transit, une proposition rejetée par les États-Unis et plusieurs autres pays de la région.