vendredi 10 juillet 2026
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Tribune : Réduction à 20% par Tebboune

Par Martin Neuville · Publie le 10 juillet 2026 · 4 min de lecture

Le refus massif des urnes en Algérie : un signal fort

La semaine passée, le peuple algérien était invité à voter pour les 407 membres de l’Assemblée populaire nationale (APN). Les chiffres officiels suggèrent une vérité déconcertante : seulement 20% des électeurs inscrits ont daigné voter. La question se pose : comment qualifier cette assemblée de « populaire » ? Le peuple, dans sa majorité, est resté chez lui. Comment peut-on la qualifier de nationale alors que la nation demeure invisible ?

Le choix du non-vote : un rejet du système en place

Quatre Algériens sur cinq ont décidé de ne pas prendre part à ce qui est perçu comme une mascarade électorale. Pourquoi voter, en effet ? Les décisions significatives sont prises par la junte militaire qui contrôle le pays. Personne n’a élu ces hauts gradés militaires. Ils se choisissent entre eux, à l’instar d’une mafia. Le président civil, Tebboune, est utilisé comme un vernis démocratique — un écran de fumée qui ne trompe personne.

L’abstention : un signe de désenchantement croissant

Depuis l’indépendance accordée par de Gaulle en 1962, aucun vote n’a mobilisé aussi peu de personnes, révélant une tendance préoccupante. En 1962, une majorité écrasante des Algériens ne savait ni lire ni écrire et était ignorante des principes fondamentaux de l’économie et de la politique. Aujourd’hui, alors que la population est alphabétisée et pourrait s’engager dans la vie politique du pays, elle est mise à l’écart, perçue par les généraux comme éternellement mineure. Quel est l’intérêt de l’indépendance si le peuple est muselé?

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Un taux de participation en chute libre

En 2021, le taux de participation était de 23%, contre seulement 20% aujourd’hui. Si cette tendance descendante persiste, viendra le jour où le nombre de votants sera inférieur à celui des candidats. La junte finira par désigner elle-même, par décret, les membres de l’Assemblée impopulaire. Ce serait, d’une certaine manière, plus honnête.

Sanaa Berrada, une observatrice politique renommée, déclare : «En Kabylie, le taux de participation équivaut à un référendum : 15% seulement, le taux le plus bas du pays. 85% des Kabyles ont donc clairement exprimé leur désintérêt pour ce qui se passe en Algérie.»

La fausse opposition et la mascarade démocratique

Cette année, si presque tous les partis politiques étaient en lice, y compris ceux de l’opposition, cela n’a pas incité les inscrits à voter. Cela prouve qu’ils ont bien saisi que l’opposition n’est pas véritablement une opposition dans un pays totalitaire.

Le verdict du président Tebboune

Face à cette débâcle, le président fantoche, Tebboune, ne semble ressentir aucune inquiétude. Son seul commentaire a été que le scrutin a été «transparent». Un terme qui, dans ce contexte, semble aussi crédible qu’un fou se vantant de porter un slip transparent dévoilant ses fesses nues.

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Le fonctionnement antidémocratique mis à nu

Ce scrutin a révélé le fonctionnement intrinsèquement antidémocratique du régime. La loi électorale permet d’exclure des candidats sur la base de critères vagues, tels qu’une «mauvaise réputation» (sic). Plus de 3.000 candidats ont été écartés. Tous ceux qui auraient pu réellement s’opposer aux généraux et à leur Tebboune ont été empêchés de se présenter à ces élections. Voilà une démocratie bien singulière.

Le cas de la Kabylie : un rejet massif

En Kabylie, le taux de participation est équivalent à un référendum : 15%, le taux le plus bas du pays. 85% des Kabyles ont signifié clairement qu’ils ne se sentent pas concernés par ce qui se passe en Algérie. Tebboune et ses acolytes, qui prétendent être favorables à l’autodétermination des peuples, vont-ils accueillir à Alger le MAK, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, le financer, l’armer, le soutenir diplomatiquement, comme ils le font pour le Polisario ?

Des proclamations hypocrites ignorées par 80% des Algériens

Ce serait cocasse, mais ce serait en accord avec leurs grandes déclarations hypocrites. Nous découvrons aujourd’hui que 80% des Algériens ne se soucient pas de ces proclamations.