«Dans le cadre des opérations +Ma famille est en sécurité+ (…), des poursuites judiciaires ont été engagées contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises», a déclaré le ministre de la Justice, Akin Gürlek, sur la plateforme X. Ces actions ont eu lieu dans 15 provinces turques, incluant les grandes villes comme Istanbul, Ankara et Izmir.
Contexte des Arrestations
Ce ministre a accusé certains des interpellés d’«obscénité» et d’aide à la prostitution. Il a mis en avant que cette opération s’inscrit dans le cadre de «la Décennie de la famille» proclamée par le président turc Recep Tayyip Erdogan, visant à «protéger nos enfants, l’institution familiale et l’ordre social».
Attaques Ciblées contre la Communauté LGBT+
Le chef de l’État turc a régulièrement pris pour cible les LGBT+, les qualifiant de «pervers» et attribuant à cette communauté la baisse significative de la natalité. Des interventions policières ont eu lieu dans des bars gay et une boîte de nuit réputée être un refuge pour la communauté LGBT+, selon des médias progouvernementaux. Un hammam pour hommes, également connu pour des activités de prostitution, a également été visé.
Réactions Internationales et Locales
Les parquets d’Ankara, Istanbul et Izmir rapportent qu’au moins 63 personnes ont été arrêtées, y compris des militants LGBT+, qui représentent avec les féministes un des principaux pôles de résistance au gouvernement islamo-conservateur en place depuis 2002. Parmi les interpellés, 21 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête visant l’association Kaos GL, accusée de partager en ligne des contenus jugés obscènes.
Une Répression Accrue
Kaos GL, dont les bureaux ont été perquisitionnés, a signalé que près de 50 défenseurs des droits des personnes LGBTI+ ont été placés en garde à vue ou font l’objet de poursuites judiciaires. Les autorités turques ont également bloqué plusieurs comptes sur les réseaux sociaux, y compris ceux de nombreuses organisations et militants LGBT+.
Réactions des Organisations de Droits Humains
Quinze organisations turques de défense des droits humains, y compris la branche locale de l’ONG Amnesty International, ont condamné le ciblage du mouvement LGBT+, qualifiant inacceptable la criminalisation d’activités légitimes. Cette vague d’arrestations a été décrite comme une «escalade choquante dans la répression» par Nacho Sanchez Amor, rapporteur sur la Turquie au Parlement européen, qui a souligné que cela constitue une violation des droits fondamentaux.
Les Droits LGBTI+ comme Droits Humains
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, et la députée du parti de gauche prokurde DEM, Özgül Saki, ont également exprimé leur indignation face à cette répression, affirmant que «les droits LGBTI+ sont des droits humains» et dénonçant la volonté du gouvernement de réduire la société à un unique mode de vie sous prétexte de protéger la famille.