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Historique de l’Ancienneté de l’État Algérien : Quelle est sa Durée ?

Par Martin Neuville · Publie le 1 juillet 2026 · 4 min de lecture

Réponse à Ali Farid Belkadi: une défense historique de l’existence du Maroc

Mon article, intitulé «Combien de temps encore les historiens algériens choisiront-ils de chevaucher les mythes de la fausse histoire?», publié dans Le360, a suscité une réponse de la part de Ali Farid Belkadi. Dans un site algérien, il a répliqué sous le titre: «Le plumitif du Makhzen Bernard Lugan ou la liquidation méthodique de l’histoire algérienne».

Contestation de ma thèse : une pathologie identitaire ?

Ali Farid Belkadi, parlant de moi, écrit: «Pour cet esprit moyen (bigre !) devenu au fil des années l’un des principaux plumitifs des thèses historiques chimériques du Makhzen, toute contestation de sa thèse selon laquelle l’Algérie serait une création de la colonisation française relèverait non de l’histoire mais d’une pathologie identitaire».

Première remarque : La profondeur historique du Maroc

Il est étonnant qu’un historien algérien, soutenant malgré toute évidence que l’Algérie a une continuité historique depuis l’Antiquité, qualifie de «chimérique» la profondeur historique du Maroc. Un état existant depuis les Idrissides et qui s’est perpétué à travers ses dynasties.

Scientifiquement aligné avec le général de Gaulle

Je suis en accord avec le général de Gaulle, qui déclarait que «Depuis que le monde est monde, il n’y a jamais eu d’unité, ni, à plus forte raison, de souveraineté algérienne. Carthaginois, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes syriens, Arabes de Cordoue, Turcs, Français, ont tour à tour pénétré le pays sans qu’il y ait eu à aucun moment, sous aucune forme, un État algérien».

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Deuxième remarque : Farid Belkadi et sa manipulation des faits

Farid Belkadi, dans sa tentative de réfutation, manipule les faits pour me faire dire ce que je n’ai pas dit. Il écrit : «Pour soutenir que l’Algérie n’existait pas avant la France, Bernard Lugan doit retirer successivement à l’Algérie ses peuples antiques, ses paysages sahariens, ses royaumes médiévaux, ses dynasties, sa Régence (…) puis il désigne le vide qu’il a lui-même organisé comme preuve de son affirmation».

La réalité de mes écrits

Pour réfuter cette affirmation, il suffit de se référer à mon livre «Histoire des Algéries des origines à nos jours», publié en 2025 aux éditions Ellipses. J’y traite abondamment des Numides, des Maures, du royaume des Masaesyles, de Massinissa, de Jugurtha, etc. Un chapitre entier est consacré à Bougie et Tlemcen aux 13ème et 16ème siècles. La troisième partie traite en totalité de la Régence ottomane.

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Une question d’interprétation de l’histoire

En réalité, Belkadi et moi ne parlons pas de la même chose. J’évoque les Algéries quand l’histoire officielle algérienne parle de l’Algérie. De mon côté, je mets en évidence une succession de séquences historiques, mais qui, je mets au défi qu’on me prouve le contraire, ne se sont jamais coagulées dans un État algérien.

Le Maroc : un État millénaire

Le Maroc, en revanche, existe depuis plus de mille ans, le protectorat n’étant qu’une parenthèse dans son histoire millénaire. Une réalité qui déclenche souvent des réactions émotionnelles chez certains intellectuels algériens.

Conclusion : une question de perspective historique

Ce n’est pas faire injure à l’Algérie que d’exprimer cette réalité. Venise, Gènes, Florence, la Bavière ou la Flandre ne nourrissent pas de complexe existentiel pour ne pas avoir créé l’Italie, l’Allemagne ou la Belgique… Le national-chauvinisme à fleur de peau de certains intellectuels algériens n’a, semble-t-il, pas la même hauteur… Peut-être parce qu’il n’a pas la même profondeur.