Le Maroc, un pôle d’attraction pour les investissements en Afrique
Dans un monde confronté à des défis économiques et des tensions géopolitiques, le Maroc se démarque en devenant une référence pour l’attractivité financière sur le continent africain. Selon les dernières données du Rapport sur l’investissement dans le monde publié par ONU Commerce et Développement (CNUCED), le pays a vu ses investissements directs étrangers (IDE) bondir de 91% en 2025, s’élevant à 3,338 milliards de dollars par rapport à l’année précédente, révèle le quotidien L’Économiste.
Un acteur prépondérant en Afrique du Nord
Grâce à cette performance exceptionnelle, le Maroc occupe désormais la deuxième position en Afrique du Nord, juste derrière l’Égypte, et figure parmi les six premières destinations attractives du continent. Alors que la sous-région fait face à un repli général, le Maroc se distingue par une croissance robuste à deux chiffres. Le volume total des IDE atteint ainsi plus de 80 milliards de dollars, représentant 1,8% du PIB national et marquant une intégration plus poussée dans les réseaux financiers mondiaux.
Réorientation stratégique vers des secteurs d’avenir
Cette ascension est principalement attribuée au positionnement stratégique du Royaume dans des secteurs clés tels que la transition énergétique et la réorganisation des chaînes de valeur industrielles. Les spécialistes de la CNUCED mettent en lumière l’impact positif de projets d’envergure dans le développement industriel, la logistique, et les énergies renouvelables. Le secteur automobile, boosté par la plateforme de Tanger Med, a vu ses exportations augmenter de près de 16% à la fin mai 2026. Parallèlement, le domaine des batteries électriques connaît une accélération notable avec l’installation de grandes usines comme la gigafactory de Gotion à Kénitra et le projet COBCO à Jorf Lasfar, orientées vers une production utilisant de l’électricité verte.
Évolution du profil des investissements
Le panorama financier révèle également une évolution significative des types d’investissements. Bien que la création de nouvelles activités (greenfield) affiche un léger repli, le financement de projets internationaux a explosé, augmentant de plus de 400% pour atteindre 42,75 milliards de dollars. Cette hausse est principalement due à des mégaprojets d’infrastructures énergétiques comme le câble sous-marin Sila Atlantik Cable, destiné à connecter le Maroc à l’Europe. Le secteur des fusions-acquisitions montre aussi des signes clairs de redressement, témoignant d’un renouvelé intérêt pour les actifs marocains.
Impact sur l’économie locale et perspectives futures
Les données du premier semestre de 2026 confirment cette tendance positive. Les recettes issues des IDE ont augmenté de 20%, pour atteindre près de 30 milliards de dirhams. Ces apports financiers jouent un rôle stabilisateur pour la balance des paiements du Maroc, en dépit d’un déficit commercial croissant. Par ailleurs, la diminution des retraits de capitaux étrangers et l’augmentation des investissements marocains à l’étranger de 40% reflètent la confiance des investisseurs internationaux et l’internationalisation des entreprises locales.
Dans un contexte global devenu plus sélectif, le Maroc tire parti de ses atouts structurels, comme sa proximité avec l’Europe et sa capacité à fournir une énergie propre. L’intérêt grandissant des investisseurs du Golfe pour des secteurs tels que la logistique et les infrastructures renforce cette orientation stratégique. Pour la CNUCED, les enjeux désormais dépassent le simple volume des flux pour se concentrer sur leur impact qualitatif et la nature des projets développés.