Situation des établissements en France
Vers 08H00, la préfecture du Rhône a signalé que neuf établissements (cinq lycées et quatre universités) étaient concernés par des barricades ou des petits rassemblements, marquant ainsi un début de matinée plutôt calme.
Blocage au lycée Ampère
Devant le lycée Ampère situé dans le centre de Lyon, touché par un blocage depuis le 1er octobre, les cours se déroulent à distance. Contrairement aux jours précédents, aucun lycéen ne se trouve devant l’établissement, et aucune barrière ou poubelle n’entrave l’entrée.
Les organisateurs du blocage ont déclaré à l’AFP : « Le distanciel est bien une tentative d’étouffement du mouvement, nous bloquons par ailleurs d’autres établissements ».
Mobilisation à Lille
À Lille, l’accès à Science Po est bloqué par une trentaine d’étudiants qui ont entassé des bacs de poubelles devant l’entrée. Marie-Lou, 18 ans, a partagé son ressenti : « J’ai un peu l’impression que la journée de samedi va être une sorte d’aboutissement », ajoutant qu’ils espèrent des soutiens de travailleurs et des gilets jaunes.
Revendications de la mobilisation
Les multiples revendications de cette journée de mobilisation, qui unissent gilets jaunes, agriculteurs et chauffeurs de VTC, se croisent avec celles de la jeunesse. Sophie Binet, numéro un de la CGT, a souligné sur France Inter que ces revendications vont à l’encontre des affirmations du gouvernement sur l’essoufflement du mouvement lycéen.
Réaction du gouvernement
Pour répondre aux préoccupations exprimées, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit annoncer « d’urgence » la fin de Parcoursup et « changer en profondeur » le projet de budget pour « enfin faire le choix de l’avenir et financer notre éducation et notre enseignement supérieur ».
Les acteurs du mouvement
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a échangé avec les organisations lycéennes pour la troisième fois depuis le début du mouvement. Selon ses dires, des avancées ont été réalisées : « Une bonne partie du chemin a été faite pour entendre les revendications », précisant que les modifications apportées à Parcoursup fin octobre bénéficieront aux élèves actuels de terminale.
Marius Mesnil, de l’Union syndicale lycéenne, a déclaré : « Nous avons quitté la réunion parce que nous n’étions pas écoutés ; on nous annonce une nouvelle réunion lundi à laquelle nous ne nous rendrons pas ».
Nathanaël Combary, président du Renouveau lycéen, a insisté sur le fait que la mobilisation ne cessera pas tant qu’il n’y aura pas d’états généraux pour la refonte de Parcoursup et un plan national de bâti scolaire.
Perspectives et attentes
Les organisations espèrent des annonces concrètes concernant les problèmes de construction scolaire, Parcoursup, et les emplois du temps, qui sont au cœur de leur mécontentement. Parti d’un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, le mouvement a gagné en ampleur, soutenu par des organisations étudiantes et syndicales.
Jusqu’à présent, la seule réponse concrète du gouvernement a été un plan d’urgence pour le remplacement des professeurs absents, avec l’affectation de 2.000 remplaçants sur les 3.000 promis, selon le ministère de l’Éducation nationale.
Édouard Geffray a également déclaré que depuis le début de la mobilisation, 165 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés. Le Premier ministre a décrit le mouvement comme étant devenu « un mouvement de violences urbaines », causant des blessures chez les lycéens.