Un partenariat stratégique pour l’avenir des engrais en Amérique
Dans le paysage mondial des intrants agricoles, une annonce récente marque un tournant stratégique significatif pour la supply chain du continent américain. Le groupe marocain OCP, à travers sa filiale OCP North America, a formé une alliance avec le géant coopératif CHS Inc. pour construire la première usine de fabrication d’engrais phosphatés sur le sol américain depuis plus de quarante ans. Cette information a été relayée par le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 28 août.
Une infrastructure moderne en Louisiane
Située au sein du complexe industriel de Cornerstone Energy Park en Louisiane, cette nouvelle infrastructure représente un investissement commun de 450 millions de dollars. Lorsqu’elle sera opérationnelle, l’usine affichera une capacité de production annuelle de plus d’un million de tonnes, contribuant ainsi à alimenter un marché américain qui souffre d’un déficit structurel en phosphates. En effet, les États-Unis importent près de 40% de leurs besoins en phosphates. La création de cette coentreprise vise à diminuer cette vulnérabilité logistique en rapprochant les capacités de transformation des bassins céréaliers et du réseau de distribution agricole local.
Une évolution stratégique pour OCP
Ce projet illustre la transformation du géant marocain, qui évolue d’un statut d’exportateur et de fournisseur international à celui de partenaire industriel enraciné au sein de l’écosystème américain. Pour OCP, cette initiative s’inscrit dans une stratégie d’expansion aux États-Unis, amorcée par des partenariats avec des acteurs de premier plan comme Koch. « En alliant l’expertise agronomique mondiale et les capacités d’extraction du groupe de Casablanca à la force de frappe de CHS Inc., première coopérative agricole aux États-Unis avec un chiffre d’affaires de 35,5 milliards de dollars en 2025, cette alliance mise sur une complémentarité opérationnelle directe », souligne L’Economiste.
Un projet répondant à des enjeux contemporains
Kevin Kimm, dirigeant d’OCP North America, et Jay Debertin, PDG de CHS, ont tous deux affirmé que cette future unité industrielle répond à un besoin de résilience des chaînes d’approvisionnement ainsi qu’à une exigence d’efficacité agronomique et de gestion durable des nutriments.
En attente des autorisations réglementaires
Le calendrier de mise en œuvre et le lancement des travaux dépendent des autorisations réglementaires nécessaires et de la finalisation des modalités financières. Par ailleurs, les deux partenaires ont sollicité un soutien financier dans le cadre du programme fédéral FIELDS, un dispositif du département américain de l’Agriculture conçu pour renforcer les capacités nationales de production d’engrais à long terme.