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Opportunités pour le Maroc suite à la suppression des droits de douane de la Chine pour 53 pays africains

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Suppression des droits de douane chinois sur les produits marocains : un potentiel à exploiter

Les interrogations autour de la suppression annoncée des droits de douane chinois sur les produits en provenance de 53 pays africains, dont le Maroc, prennent une importance croissante dans les milieux économiques nationaux. L’entrée en vigueur de cette mesure, prévue pour le 1er mai 2026, a suscité un enthousiasme certain, laissant entrevoir de nouvelles perspectives pour le label Made in Morocco sur l’un des marchés les plus vastes et dynamiques du monde. Toutefois, derrière l’effet d’annonce, une analyse plus approfondie s’impose, indique le quotidien Les Inspirations Eco du 19 février.

Un déséquilibre structurel dans les échanges Maroc-Chine

Les données actuelles révèlent un déséquilibre structurel majeur : sur les sept premiers mois de 2025, les exportations marocaines vers la Chine ont atteint 6,91 milliards de dollars, en progression de 10%, tandis que les importations en provenance de Chine ont dépassé 52,9 milliards de dollars. Ce différentiel massif illustre un déficit commercial persistant et pose la question centrale : le Maroc est-il réellement en mesure de transformer cette ouverture tarifaire en moteur durable de croissance industrielle?

Une décision chinoise aux enjeux géopolitiques et macroéconomiques

Cité par Les Inspirations Eco, l’économiste Omar Bakkou explique que cette décision chinoise dépasse largement le cadre d’un simple ajustement commercial. Elle s’inscrit dans une stratégie géopolitique de long terme, marquée par la rivalité croissante entre Pékin et Washington et par la recomposition des alliances internationales. Dans cette perspective, l’initiative chinoise s’apparente à un instrument de soft power visant à consolider les liens avec le «Sud global» et à renforcer les partenariats Sud-Sud. En facilitant l’accès à son marché, la Chine chercherait à sécuriser des soutiens diplomatiques, à diversifier ses sources d’approvisionnement et à affirmer son leadership face aux pressions protectionnistes occidentales.

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Les défis pour le Maroc malgré la suppression des droits de douane

Dans ce contexte, l’impact potentiel pour le Maroc demeure toutefois limité. La structure actuelle des exportations marocaines vers la Chine reste fortement concentrée sur les matières premières, notamment les produits miniers tels que le cuivre et ses dérivés. Pour ces ressources stratégiques, la demande chinoise est soutenue et relativement inélastique, portée par les besoins de la transition énergétique et technologique. L’offre mondiale étant contrainte, les flux commerciaux sont déjà assurés, indépendamment des barrières tarifaires.

Le véritable défi réside dans la compétitivité intrinsèque du tissu industriel marocain. Les droits de douane ne représentent qu’un élément parmi d’autres dans la formation des prix à l’export. Les coûts énergétiques, malgré les avancées dans les énergies renouvelables, demeurent élevés pour de nombreuses industries de transformation. À cela s’ajoute la nécessité d’une montée en compétence de la main-d’œuvre afin de satisfaire aux standards de qualité, de précision et de conditionnement exigés par le marché chinois.

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La question logistique constitue un autre frein majeur. L’éloignement géographique entre le Maroc et la Chine entraîne des coûts de transport importants et des délais de transit qui peuvent annuler l’avantage procuré par la suppression de droits de douane de quelques points de pourcentage. Le fret maritime international demeure soumis à de fortes fluctuations, et seules des productions à très forte valeur ajoutée ou des volumes significatifs permettent de compenser ce handicap structurel. Pour de nombreuses PME marocaines, la maîtrise des chaînes logistiques longues et complexes représente encore un défi considérable.

Enfin, l’ouverture tarifaire ne signifie pas un accès simplifié au marché chinois. Les barrières non tarifaires, qu’il s’agisse des normes sanitaires, phytosanitaires ou des exigences administratives imposées par les autorités chinoises, constituent souvent des obstacles plus redoutables que les droits de douane eux-mêmes. L’obtention des certifications nécessaires, les audits et la traçabilité exigée impliquent des coûts et des délais importants. Pour des secteurs comme l’agroalimentaire ou les cosmétiques, l’entrée sur le marché chinois requiert une préparation minutieuse et des investissements conséquents, que la mesure de 2026 ne compense en rien.