samedi 7 novembre 2026
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Economie

Samir : L’offre d’un investisseur émirati est-elle inédite ? Ce que nous savons

Par Laura Tournon · Publie le 7 novembre 2026 · 3 min de lecture

Clarification sur la reprise de la raffinerie

Les récentes informations concernant une nouvelle proposition de reprise de la raffinerie marocaine de pétrole semblent être erronées. El Houssine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz, a affirmé que le tribunal de commerce de Casablanca avait déjà déclaré l’irrecevabilité de cette offre dans le dossier n° 2124-8304-2025, car elle ne satisfaisait pas aux conditions légales établies par les articles 636 et 655 du Code de commerce.

Le rejet de l’offre émiratie

Cette déclaration fait référence à l’offre de MJM Investments Limited, une société émiratie, qui avait proposé environ 3,5 milliards de dollars pour acquérir les actifs de la raffinerie. Cette proposition a été rejetée par la juridiction commerciale le 27 février 2026.

Liquidation judiciaire en cours

La procédure de liquidation judiciaire de la SAMIR se poursuit. Le tribunal de commerce de Casablanca continue de travailler à l’organisation de la cession judiciaire des actifs de la société, conformément aux dispositions du Code de commerce.

Enjeux au-delà du cadre judiciaire

Pour El Houssine El Yamani, la situation dépasse le cadre strictement judiciaire. Le redémarrage de la raffinerie dépend en grande partie d’une décision politique de l’État concernant l’avenir de l’industrie du raffinage au Maroc. Il souligne que les produits pétroliers représentent plus de 51 % de la consommation énergétique nationale et que la réactivation de la SAMIR pourrait renforcer les capacités de stockage et influencer les prix des carburants.

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Déclarations de Fouzi Lekjaa

Le débat autour de la SAMIR a été ravivé par les commentaires de Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie et des Finances, lors de son intervention devant les parlementaires le 3 novembre dernier. Il a mis en avant que la remise en fonctionnement de la raffinerie ne conduirait pas nécessairement à une baisse des prix à la pompe. Selon lui, le raffinage, dans le contexte actuel du marché international, peut ne pas être une activité économiquement viable.

Les infrastructures de stockage comme atout stratégique

Néanmoins, Lekjaa a souligné l’importance stratégique des infrastructures de stockage situées à Mohammedia pour la sécurité énergétique du Royaume. Une valorisation de ces installations pourrait s’avérer bénéfique, même sans la reprise intégrale de l’activité de raffinage.

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Contentieux international en suspens

Un autre aspect à considérer est le contentieux international qui oppose le Maroc à Corral Morocco Holdings AB, société liée à l’homme d’affaires saoudien Mohammed Al Amoudi, ancien actionnaire majoritaire de la SAMIR. En juillet 2024, un tribunal arbitral du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a condamné le Maroc à verser 150 millions de dollars à l’investisseur, alors que la réclamation initiale s’élevait à 2,7 milliards de dollars.

Procédure d’annulation en cours

Le Royaume a lancé une procédure pour l’annulation partielle de cette sentence. En février 2025, un comité ad hoc a été constitué pour examiner cette requête, et une audience a eu lieu à Paris le 19 mars 2026, marquant une avancée significative dans ce processus. À présent, la décision concernant la demande d’annulation est toujours attendue. Ce contentieux, bien qu’il soit distinct de la liquidation judiciaire, contribue aux incertitudes juridiques et financières qui entourent l’avenir de la raffinerie.