Prévisions de croissance économique prometteuses pour le premier trimestre 2026
L’économie nationale devrait entamer l’année 2026 sur une trajectoire de croissance légèrement accélérée, portée principalement par la demande intérieure et le redressement des activités agricoles. Selon les prévisions du Haut-Commissariat au Plan (HCP), la croissance économique atteindrait 4,2% au premier trimestre 2026, après 4% au trimestre précédent.
Cette performance interviendrait dans un contexte international toujours marqué par la modération de la demande européenne, l’augmentation des droits tarifaires américains et l’intensification de la concurrence chinoise. Ces facteurs continueraient de peser sur les exportations nationales, dont la progression serait ramenée à 3,9% en variation annuelle, contre une moyenne trimestrielle de 10,4% au cours des cinq dernières années.
Les entreprises exportatrices devraient également composer avec un durcissement des contraintes réglementaires sur le marché européen, lié à la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et à une nouvelle législation française limitant le recours à l’offshoring dans certaines activités. Ce double choc réglementaire accentuerait la pression sur les branches industrielles orientées vers l’export.
Face à ces contraintes externes, les moteurs internes demeureraient les principaux soutiens de la croissance. La demande intérieure devrait continuer de progresser, tirée par le regain des activités agricoles et par la poursuite de la détente des tensions sur les prix, contribuant à l’amélioration des revenus et de l’emploi, notamment en milieu rural.
Agriculture et investissement, piliers de la reprise
Le renforcement attendu des activités agricoles constituerait l’un des principaux leviers de la croissance au premier trimestre 2026. La hausse de 57% du cumul pluviométrique enregistrée au cours des deux premiers mois de la campagne agricole 2025-2026, combinée aux mesures de soutien aux agriculteurs, devrait favoriser une amélioration de l’emploi et des revenus des ménages ruraux, sous réserve de conditions climatiques conformes aux normales saisonnières.
Dans ces conditions, la consommation des ménages afficherait un affermissement de 3,9% au premier trimestre 2026. L’investissement conserverait, pour sa part, un rythme soutenu (+9,8%), porté par la poursuite des dépenses publiques en infrastructures, qui continueraient de soutenir la demande des entreprises et l’activité dans les secteurs connexes.
La contribution des activités agricoles et tertiaires à la croissance économique globale s’élèverait ainsi à 2,9 points. Le secteur de la construction poursuivrait son évolution à un rythme de 3,4%, après la décélération observée à fin 2025, imputable aux interruptions ponctuelles liées aux intempéries de décembre.
À l’inverse, l’industrie manufacturière afficherait une croissance plus modérée (+3,1%), reflétant sa plus grande exposition aux fluctuations de la demande extérieure et la persistance des pressions sur les marchés d’exportation.
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En ce qui concerne le quatrième trimestre 2025, le HCP indique que l’économie nationale aurait maintenu une croissance de 4%, malgré la poursuite du ralentissement de la demande extérieure adressée aux branches secondaires. Cette stabilité aurait été assurée par la bonne tenue des services, en particulier ceux liés à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations.
L’accroissement des dépenses des visiteurs aurait stimulé les secteurs de l’hébergement, de la restauration, du transport et des services récréatifs, soutenant les exportations de services. Dans l’ensemble, le volume des exportations de biens et services aurait progressé de 5,3%, après 8,2% au trimestre précédent.
Parallèlement, la modération des importations aurait permis de réduire l’impact négatif du commerce extérieur sur la croissance économique, ramené à -3,3 points au quatrième trimestre, contre -4,3 points au troisième.
Les moteurs internes seraient restés solides. L’investissement aurait enregistré une hausse de 11,2%, soutenu par la poursuite des dépenses publiques en infrastructures et par des conditions de financement favorables. La consommation des ménages aurait progressé de 3,8%, bénéficiant du maintien des mesures de soutien au pouvoir d’achat et de l’atténuation des tensions inflationnistes.
L’inflation à -0,1% au 4e trimestre 2025
L’inflation aurait poursuivi son repli au quatrième trimestre 2025, s’établissant à -0,1%, contre 2% au début de l’année. Cette évolution aurait été tirée par la baisse des prix alimentaires (-0,7%), liée notamment à une récolte nationale abondante d’huile d’olive, au recul des prix des viandes et à la détente des cours internationaux des céréales.
Les prix non alimentaires auraient, pour leur part, augmenté modérément (+0,4%), dans un contexte de baisse, bien que plus contenue, des prix de l’énergie (-1,1%). L’inflation sous-jacente se serait inscrite à -0,7%, traduisant un relâchement plus marqué des tensions sur les prix.
Sur le plan monétaire, les créances sur l’économie auraient progressé de 6,8% en glissement annuel, soutenues par la reprise des crédits de trésorerie aux entreprises et des prêts à la consommation des ménages. Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25%, dans un environnement de liquidité bancaire en légère amélioration.
Les marchés financiers seraient restés bien orientés. L’indice MASI a progressé de 27,57% en glissement annuel et la capitalisation boursière de 38,3%, malgré une légère baisse des volumes de transactions, confirmant le maintien de la confiance des investisseurs.
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Au troisième trimestre 2025, la croissance économique s’est établie à 4% en rythme annuel, marquant un ralentissement par rapport aux 4,8% et 5,5% enregistrés aux premier et deuxième trimestres. Cette inflexion a été principalement imputable à la décélération des activités manufacturières, affectées par le tassement de la demande extérieure durant l’été.
Les industries métalliques, métallurgiques, électroniques et le textile ont été les plus touchées par ce ralentissement. À l’inverse, les services non marchands et financiers, l’immobilier et l’agriculture ont continué de jouer un rôle stabilisateur, permettant de maintenir un niveau d’activité supérieur à sa tendance de long terme.
La demande intérieure est restée le principal moteur de la croissance, malgré un ralentissement de la consommation des ménages, dont la progression est passée de 5,1% au deuxième trimestre à 3,9% au troisième. Les échanges extérieurs ont continué de peser sur l’activité, retranchant 4,3 points à la croissance.
Malgré ces évolutions, les équilibres macroéconomiques internes ont montré une certaine résilience, même si le déficit budgétaire s’est creusé et que le besoin de financement de l’économie s’est établi à 12,3 milliards de dirhams.














































